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La bataille des champs patagoniques (8)

Nous marchions vite et bien, tous préoccupés de ne jamais nous surcharger. Les impedimenta, comme on disait en latin, ont bloqué l’esprit du voyage. L’esprit mochilero le ré-enchante. Tatiana avait l’art d’économiser le poids, Tiziana multipliait les prouesses en route, et nos merveilleux chevaux se nourrissaient en route. Nous n’en avions que trois. Parfois nous courions presque empotés par l’esprit hauturier du coureur des bois. Nicholas évoquait son dernier des Mohicans. Le matin après le réveil nous nous entraînions aux armes. Et le soir autour du feu, nous commettions des danses. Nous avions un manuel de la bibliothèque ; aucune danse moderne, la contredanse, le rituel, le rigodon, le quadrille, tout ce qui enfin serait susceptible de nous conduire bravement à la guerre tellurique que nous avions décidé de mener si.

Les mœurs des Germains sont très différentes ; car ils n’ont pas de druides qui président aux choses divines et ne font point de sacrifices. Ils ne mettent au nombre des dieux que ceux qu’ils voient et dont ils reçoivent manifestement les bienfaits, le Soleil, Vulcain, la Lune : ils ne connaissent pas même de nom les autres dieux. Toute leur vie se passe à la chasse et dans les exercices militaires ; ils se livrent dès l’enfance au travail et à la fatigue. Vita omnis in venationibus atque in studiis rei militaris consistit: ab parvulis labori ac duritiae student.

Il n’y avait entre nous et les filles aucun affect. Enfin c’est ce que je croyais croire.

La mujeres, desde entonces, conocí a todas en una; ya no he de probar en una; ya no he de probar fortuna con una carta tan conocida; mujer y perra parida, no se me acerca ninguna!

Aucune ne jouait sa coquette, et le vieux cœur des hommes n’avait pas fondu pour la beauté nordique et slave, créole ou latino. S’éloigner de tout esprit sexuel (c’est ce qui m’avait perdu en partie dans cette hacienda) nous purifiait peut-être, nous renforçait sûrement. C’était le meilleur moyen d’éviter de mettre en nous la division, la division des cœurs et des conquêtes. Je laissais Tina s’acoquiner car elle le faisait naïvement, en bonne enfant lapone qu’elle était restée au sud du monde. Et nous lisions avec Nicholas, toujours serein dans le choix de ses lectures du soir (nous progressions en latin).

Ils estiment singulièrement une puberté tardive ; ils pensent que cela accroît la stature de l’homme, nourrit sa vigueur, et fortifie ses muscles. C’est parmi eux une chose tout à fait honteuse que d’avoir connu les femmes avant l’âge de vingt ans ; ce qu’ils ne peuvent jamais cacher, car ils se baignent ensemble dans les fleuves, et se couvrent de peaux de rennes ou de vêtements courts, laissant à nu la plus grande partie de leur corps.

Vilma et Karen (l’une d’origine allemande, l’autre balte) devenaient toutefois plus belles ; mais je me demandais si je serais capable un jour de les utiliser comme atout quand, le pâturage terminé, nous devrions hiverner.

Nous recherchions les solitudes et nous fuyions ce qui pouvait rester de monde. Laurana et Frantz en ce sens étaient nos guides verts et gris dans ces contrées sauvages mais civilisées. Nous gagnâmes la Laguna Larga, qui restait si belle selon ceux qui l’avaient connue. Puis nous nous dirigeâmes vers les splendeurs cendrées du lac Futalaufquen. Nous espérions bien ne rencontrer personne ou presque, et nous nous trompions.

La plus grande gloire pour un Etat est d’être entouré de vastes solitudes et de pays ravagés par ses armes. Ils regardent comme le propre de la valeur de forcer leurs voisins à abandonner leur territoire, et de faire que personne n’ose s’établir auprès d’eux. D’ailleurs, ils se croient ainsi plus en sûreté, n’ayant pas à craindre une invasion subite.

Il le dit si bien en latin le maître que je le laisse répéter.

Civitatibus maxima laus est quam latissime circum se vastatis finibus solitudines habere.

Parfois je me surprends à parler avec lui ; il me semble qu’il annonce notre situation à venir.

Hospitem violare fas non putant

J’en étais là avec mes récitatifs quand Karen me héla, carte en main, avec une certaine mauvaise humeur. Frantz avait dégotté dans un bosquet d’arrayanes un petit bonhomme barbu, peut-être à peine plus âgé que Nicholas, mais qui semblait avoir été usé par les circonstances et abusé par les conditions de vie qui lui offrait la forêt. On l’appela Tom, il lui manquait des dents (nous touchions du bois sur ce sujet, mais pour combien de temps ?). Il fallut le nourrir, le vêtir presque, l’écouter. Lui arrivait tout un tas d’infos-catastrophes, de celle dont on aurait pu rêver à la défunte télé. Il nous dit que des puissances du monde avaient bloqué l’accès à la Patagonie ; que le sud toutefois et les côtes avaient envahies de réfugiés (je le savais) ; qu’après un passage à vide, les oligarques et les maîtres redresseraient la tête et nous suivraient, avec leur armée de mercenaires ; que nous en trouverions jamais la paix. Nicholas lui demanda ce qu’il nommait la paix. Le Tom était une variété avariée de chilien d’origine anglaise venu à ma misanthropie par la voix classique de l’échec. Je compris qu’il avait possédé aussi une hacienda, qu’elle s’était mal terminée.

Je m’en voulus de mes distractions littéraires. C’était typiquement le genre de rencontre prosaïque et déprimante que je fuyais du temps des excursions touristiques. Si j’avais été pleinement conscient de mes actes, le vieux lascar ne nous aurait pas importunés. Je lui demandai si nous pouvions longer le lac, qu’il m’avoua détester. Nous le quittâmes sèchement (il nous laissa avec un mauvais sourire), et je rappelais aux troupes que nous allions gagner une zone stratégique. Je ne me trompai pas. Frantz me reprocha de détester les chiliens. Je lui expliquais que lui était chilien, qu’il n’y avait qu’un argentin (et encore) dans la troupe), et qu’) ces latitudes il pleuvait moins (pensez à notre confort) et qu’il n’avait plus un argentin dans les parages. Il est curieux de penser

Sur la rive droite du lac se trouvait une vieille hosteria, la Quime Quipan, que plusieurs d’entre nous connaissaient. Mais je préférais longer la rive sud et filer vers l’ouest, vers le sacro-saint Lago Kruger. Longer un lac de montagne est une tâche ingrate, mais certainement moins que de risquer d’affronter le Cerro el Dedal de 1900m (mais qui avait pu le nommer ainsi ?) avec trois chevaux et notre chargement. Par ailleurs nous savions que nous pourrions trouver du délassement sur de petites plages, de la nourriture (nos réserves baissaient) et sans doute des embarcations. Nous rêvions de pirogues ou de kayaks, mais nous tombâmes sur un bateau de promenades échoué depuis des années mais encore habitable. L’endroit nous parut répugnant, et nous le fuîmes. Tina en me tirant la manche me faisait remarquer que la zone était habitée, qu’il y avait de belles maisons et que peut-être des oligarques nous guettaient dans leurs mansions. Plus devineresse, Tatiana pronostiqua une grande rencontre avec un personnage important. Elle dit qu’il reconnaîtrait le roi de la chevalerie que j’étais devenu, ou quelque chose comme cela.

Le soir nous nous arrêtâmes assez tôt dans une crique pour construire un camp et nous reposer. Nous étions proches de la cascade rio Mindo. Je m’éloignais des autres et grimpais sur un talus voisin qui surplombait le lac dont les eaux cendrées devenaient irisées. Personne ne me prêtait attention, la pêche en cet endroit semblant miraculeuse, et les filles préférant s’ébrouer autour d’une Tina plus enjouée que jamais. Je me faisais l’effet d’un Ulysse fuyant son troupeau hyperboréen aux confins du monde et laissant Nausicaa nager avec les hirondelles.

Le talus nécessita quelque effort. Je le gagnai, fus surpris par un commencement extraordinaire de crépuscule, et commençai à m’enchanter. Ces types d’enchantement en solitaire sont périlleux et communs, mais là j’étais comme devant le monde devenu neuf et surtout autre, sensation qui m’était arrivée d’assez nombreuses fois en Amérique du Sud, aussi bien à Uyuni qu’à Rio, au Machu Picchu qu’à Colca ou Bariloche. Les vers de l’épopée argentine (Martin Fierro) me revenaient, et je m’écoutais chantant une épopée nouvelle dans un univers différent, tout rose et léger, peuple de rares palais de cristaux éveillés. Je pensai alors en un éclair à els compagnes et à mes amis, et je voulais chanter quelque chose pour elles et pour eux, écrire un chant à la gloire du monde et de notre communauté.

« Voici que dans mon âme s’éveille un désir, que dans mon cerveau surgit une pensée: je veux chanter ; je veux moduler des paroles, entonner un chant national, un chant de famille. Les mots se liquéfient dans ma bouche, les discours se précipitent ; ils débordent sur ma langue, ils se répandent autour de mes dents. »

La musique et la chanson des druides de McKennitt me poursuivait, et j’espérais qu’un jour mes filles pourrait la célébrer. Mais là elle m’assiégeait comme un vortex, me pressait et me célébrait. Elle le pressait s’aimer et d’exalter ce monde, et de partir ensuite enlevé dans un char de feu et de soleil, de sons et de célébration (ce serait cela, je le savais, ou bien mourir de maladie et de demi-vieillesse dans une cueva). Mais je compris surtout que ce qui importerait maintenant serait la célébration de la vie par le verbe et le chant. Il n’y aurait que cela d’important. L’homme fut mis au monde non pour qu’il le travaillât mais pour qu’il s’y promenât et le chantât.

« Le K. a un tout autre caractère: l’esprit y domine impérieusement la matière, et de toutes les puissances qu’il fait agir la seule vraiment prépondérante est la puissance du verbe. C’est le verbe qui féconde le néant et peuple la nature ; c’est par le verbe que les résistances sont vaincues, les obstacles aplanis, les épreuves surmontées, que toutes les grandes œuvres sont accomplies. »

Se laisser gagner par l’acédie et le désespoir est si facile. Seul importe le chant et la résurrection du monde. Seule importe la capacité de produire de l’art, au cours de sa vie et surtout de sa journée. Le reste est survie, simple moyen de vivre moins confortablement que la plupart des bêtes. Les oiseaux comme modèle.

« En revanche, si le verbe fait défaut, la force s’énerve, la lumière s’éteint ; et l’homme, le héros, si glorieux qu’il soit, n’est plus que le triste jouet des infirmités et de la misère. »

Il l’avait dit, le plus grand poète du monde – analytique de surcroît :

Sono gli uccelli naturalmente le più liete creature del mondo. Non dico ciò in quanto se tu li vedi o gli odi, sempre ti rallegrano; ma intendo di essi medesimi in sé, volendo dire che sentono giocondità e letizia più che alcuno altro animale.

Et je le vis là sur ma gauche, en pensant à mon léopard romantique, pendant que sur la brève falaise je haranguais les eaux pures du lac en gesticulant comme un acteur. Il était sur sa barque tranquillement, et il péchait. Je descendis.

Ma descente fut presque longue. Je gagnais enfin le bord du lac. Il me fit mine de me rapprocher. C’était un homme corpulent mais fort, coiffé d’un chapeau, chauve et d’un âge indéterminé. Il était habillé comme souvent sous nos contrées, comme un chasseur ou un pêcheur (tout le temps il fallait changer d’application). Il se rapprocha d’un rocher et en quelques bonds je fus auprès de lui, comme un enfant. Il m’avait rajeuni à sa manière d’autant qu’il m’évoqua mes danses et ma harangue solitaire. Il ne s’en moquait pas, il m’avait observé, écouté sans s’occuper de son poisson (le bateau en regorgeait, il s’appelait Ygrène). Je lui demandai s’il chassait à la mouche. Il me répondit que sa jambe l’en empêchait en ce moment, mais qu’il connaissait un beau spot sur le rio F où il ne manquerait pas de m’emmener. Le poisson mordait. Il me prêta une ligne et je péchai quelques grosses truites pour mes compagnons. Nous lassâmes tomber la conversation et ses filets, laissant la nature nous remplir de son ampleur halieutique.

Le soir tombait vraiment. Je ne savais même pas si je pourrais rentrer vers notre campement, sans torche. Je lui demandai où il habitait, il me répondit en m’emmenant vers son hébergement. Le moteur de sa barque fonctionnait à merveille, il me dit que la mécanique était sa passion – avec la pêche, la solitude et quelques autres nobles habitudes. En sortant d’une crique, nous virâmes à bâbord et je vis son palais perdu. C’était une construction moyenne, quadrangulaire, grise, très vitrée. Il y avait une jetée devant. C’est comme cela que je me retrouvais chez mon roi-pêcheur, conformément aux prédictions de Tatiana.

Il s’appelait Patricio Ravarino. Il avait été architecte en Europe avant de venir faire le pilote en Patagonie. Il avait construit cette maison en prévision des événements, mais pas seulement – bâtir une maison en fonction d’une apocalypse est le meilleur moyen de la rendre impossible à vivre. Il était venu avec sa fille qui avait grandi avec lui, et quelques domestiques créoles devenus ses amis. Et il vivait ici tranquillement, sans que le bouleversement mondial l’eût affecté vraiment – un bateau de tourisme une fois, échoué par-là (nous l’avions vu) – et dont le public apeuré avait vite tenté de regagner l’atmosphère chaude et enjouée des cités. Je profitai de cette maison et de son étrange confort, très creusé dans la roche. Je lui demandai s’il avait pioche en direction de la terre creuse. Il me répondit en souriant. On dressa une table, on nous servit des plats en bon ordre, trois serveurs dont une jeune fille qui n’était pas sa fille – une jeune enfant blonde fille d’un de ses amis disparus. Je lui demandai alors quel malaise tourmentait sa jambe. Il me remercia de ma question, me parla d’un accident, d’une chute et d’une fracture longue et douloureuse. Nous aurions peut-être quelque soin ou consolation pour lui, répondis-je.

Nous poursuivions notre discussion et je le sentais mieux. Il bougeait plus volontiers et se montrait plus disert. Il m’évoquait son passé – un passé prestigieux d’architecte en Europe – et ses projets. Il me montra sa caverne, qu’il avait creusée à coups de C4 dans le cœur de la roche. Il rêvait de nous montrer quand nous viendrions le cœur de son monde. Les mots du grand auteur me revenaient à l’esprit. Je les lui citai

En effet, on ne peut voir en toute rigueur qu’une préparation à l’initiation, et rien de plus, dans la mort au monde profane suivie de la « descente aux Enfers » qui est, bien entendu, la même chose que le voyage dans le monde souterrain auquel la caverne donne accès ; et, pour ce qui est de l’initiation même, bien loin d’être considérée comme une mort, elle l’est au contraire comme une « seconde naissance », ainsi que comme un passage des ténèbres à la lumière.

Nous étions enfoncés. On nous héla. Je sortis de la maison en suivant un des journaliers et il montra deux filles qui tentaient de descendre de la montagne. C’était Tatiana et Tina. Elles s’étaient inquiétées, étaient montées plus haut, trop haut, puis étaient redescendues, ayant vu de discrètes lumières. Elles se jetèrent dans mes bras, tourmentées, ne me reprochèrent rien. Les autres allaient bien au moment où elles les avaient quittées. Personne n’avait su ou pu les retenir.

Don Patricio nous prêta le bateau avec Jésus pour nous mener dans l’obscurité translucide du lac. En quelques minutes, nous regagnâmes le camp. Les filles hurlaient à bord et sur la côte. On se salua, on s’embrassa, on se rassura. Enfin on se transporta laissant à Frantz toujours bougon et à Karen (mais sans doute n’était-ce pas un hasard que ce subit accès de solitude à deux) de mener les chevaux et le reste des impedimenta le lendemain. La brève navigation en rentrant fut délicieuse. Plusieurs mains serraient les miennes.

La maison Ravarino nous accueillait à bras ouvert, avec un gazon du côté du lac, une caverne pour les cœurs creux aventureux, et même un coin de forêt avec une clairière. Surtout, il y avait de l’eau chaude dont ce pauvre Frantz absent (mais très présent sans doute dans – et avec – Karen) n’avait cessé de nous parler avec ses sources thermales. Patricio avait même façonné un jacuzzi à sa manière dans l’une de ses cavernes bien enfoncées. On entendit les ris, la joie, les éclaboussures. Tout ce triomphe du progrès technicien après des semaines de vie dure et de récession nous confirmait à Nicholas et moi trois choses :

  • Un, il y a un monde après la fin du monde.
  • Deux, le triomphe de la salle de bains américaine (ou même romaine) reste la marque de cette Fin des Temps présumée mais non avérée.
  • La redécouverte du corps antique et célébré modifierait dans doute nos comportements affectifs.

La soirée n’en finissait pas, qui avait démarré sous des auspices hautement solitaires, romantiques et initiatiques (le chant, l’illumination, la caverne, le château du roi-pêcheur). Après leur bain, je recommandais aux guérisseuses (en particulier Tiziana et Tatiana) de prendre soin de notre hôte et de sa jambe retorse. Elles appliquèrent tout leur sin et leurs onguents. Le roi-pêcheur avait trouvé ses guérisseuses et nous nagions enfin dans un Chrétien de Troyes au bonheur retrouvé. Dehors sur la petite plage dansaient les filles et les indiens qui célébraient le domaine du bout du monde.

– La bataille des Champs Patagoniques (10) (lien)
– La bataille des Champs Patagoniques (9) (lien)
– La bataille des Champs Patagoniques (8) (lien)
– La bataille des Champs Patagoniques (7) (lien)
– La bataille des Champs Patagoniques (6) (lien)
– La Bataille des Champs Patagoniques (5) (lien)
– La Bataille des Champs Patagoniques (4) (lien)
– La Bataille des Champs Patagoniques (3) (lien)
– La Bataille des Champs Patagoniques (2) (lien)
– La Bataille des Champs Patagoniques (1) (lien)

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