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La bataille des champs patagoniques (7)

Je demeurai déçu de cette escapade vers le sud qui ne nous avait rien rapporté – sinon Tina, une finlandaise brune, très jeune, qui pétillait de santé et qui avait vécu plusieurs vies. Elle me raconta sa drôle de genèse (car nous n’avions plus de jeunesse) : son père était un adepte de la survie, ce qui en Finlande est chose plus facile que dans d’autres pays d’Europe. Et surtout elle venait d’arriver. Elle avait foncé chez les amuseurs des bois pour trouver une jeune et ludique compagnie, mais comprenait qu’ils avaient peu de chances de durer maintenant. Je lui demandai d’où pouvait venir son pessimisme.

Nous ne cessions de marcher et de progresser en marchant, en dormant, en nous nous nourrissant, en nous relevant, et même – en nous distrayant. Nicholas était redevenu un jeune homme, Karen et ses compagnes se comportaient en paramilitaires, mais avec une douceur, une tranquillité d’âme et une grande beauté des gestes et des manières. Surtout ces beautés racées étaient prévenantes et élégantes. Nous ne parlions plus de survie mais de vie supérieure. Tatiana avait amélioré notre vie par sa cuisine et sa connaissance des herbes et des plantes. Vilma et elles cousaient comme personne. Les bonnes surprises avaient été les recrues Tiziana et Laurana. Laurana avait étudié cette terre comme étudiante et comme guide, et elle me complétait parfaitement. Elle dégageait cette grâce et latine et indienne qui est le haut apanage des plus belles argentines, en qui le mot métis retrouve sa racine grecque : la sagesse. Tiziana surtout avait été une surprise extraordinaire pour tout le monde, si heureuse d’avoir été sauvée de la barbarie urbaine et de sa pénurie contrôlée. Et elle nous déguisait, nous maquillait faisait de nous des Robin des bois, une troupe de Robin où il y aurait eu trois fois plus de Lady Marian que de Robin. Je retrouvai cette idée baroque que la vie doit se passer à la surface. La vie de l’arbre est de son écorce, la nôtre était dans notre jeunesse, dans notre force et dans nos vêtements. L’écorce de l’homme fait sa force. A fleur de la peau. Je faisais mine de penser qu’aucune histoire ne couvait dans cette harmonieuse société.

Nicholas me consolait d’avoir perdu du temps. Nous couvrions du terrain toujours plus vite ; trente kilomètres au quotidien ne fatiguaient personne ; nous reconnaissions du terrain ; Frantz nous garantissait pour l’hiver, dans son Aysen natal, ces roches perdues avec ses eaux thermales. Cette vie dans les grottes me faisait peur. Je m’étais habitué aux espaces ventés même en hiver. Et si ces grottes étaient occupées ? Aurais-je plus de cœur à déloger les occupants que je n’en avais eu à défendre mon hacienda ? Je préfèrerais autant retourner à Esquel ou creuser un trou dans la steppe. Tacite rappelle que pour les Germains les décisions secondaires relèvent des chefs, celles importantes de tous. Nous confirmions.

De minoribus rebus principes consultant; de majoribus omnes.

Mon rapport avec Tina devenait très intense. Elle adorait parler, elle voulait parler, elle voulait rester avec nous, et elle avait plein de révélations à nous faire. L’Europe disait-elle avait été détruite après notre départ. Quelques bombes avaient suffi, mais aussi une désorganisation totale s’en était ensuivie. Les Etats s’étaient laissés déborder (je souriais : n’avaient-ils pas été débordés avant ?), et l’on avait arrêté les gens qui comme son père et offraient un profil sain (je cite Tina) de vie autonome et de résistant. Jusque-là rien de surprenant. On avait arrêté les pro-russes aussi, ou jugés tels, puis laissé se multiplier les attentats. Les retraites puis les traitements (quelle vie, attendre une somme à la fin du mois garantie par la dette) n’avaient plus été payées, le système économique s’était paralysé avec l’abolition du cash et la guerre, puis le chaos organisé par les élites hostiles (toujours selon Tina qui n’avait alors pas dix-sept ans). La population terrorisée s’était laissé laminer et terroriser par les télés ou ce qu’il en restait. Ensuite les satellites avaient été frappés par les russes, et tout s’était coupé. Alors avait commencé la deuxième phase, celle de la survie et de la vie short, laide et brutale.

Tous et toutes s’étaient rassemblés autour de Tina. Jusque-là nous mêlions et avions mêlé nos expériences de terrain latino-américain. Mais là l’information fraîche (c’était le cas de le dire) venait de l’Europe, de ce qui avait été une partie de nous, de notre patrimoine et de nos racines avant de ne devenir plus rien du tout, et de dégoûter en nous toute volonté de vivre. Pour moi j’étais patagon avant la guerre – et patagon biologique et pas romantique.

Tina expliqua donc qu’elle avait pu avec des amis libérer son père (libérer de prison ?). La situation dans les villes devenait terrifiante comme un peu partout en Europe. Et ce qui la frappait c’était le laxisme non pas des autorités mais des populations, qui se laissaient conduire, ronger, dominer. Certains dans notre petite assistance incriminèrent notre éducation, notre démocratie, le confort capitaliste, la déliquescence morale, je savais qu’il était difficile aux temps modernes et confortables de réagir. La théorie du partisan… Nous nous promîmes avec Nicholas d’expliciter le Schmitt avec ces plus jeunes. Par chance, – je le lui expliquai -, cette gamine avait eu un père qui lui avait donné une éducation propre à la rendre résistante, tandis que les autres peu à peu se dirigeraient dans le néant, l’esclavage et la pénurie. Le groupe s’agitait à propos de cet effondrement culturel européen : se pouvait-il que, même les références historiques éteintes, la nature ne fût pas à même d’éveiller une flamme de résistance entreprenante dans ces contrées ?

Je profitais de l’occasion pour relayer la petite avec Nicholas. Notre historien encore avait tout dit :

L’inexpérience leur faisait appeler civilisation ce qui amputait leur liberté (idque apud imperitos humanitas vocabatur, cum pars servitutis esset.)

Frantz et Karen écoutaient émerveillés. Et il avait ajouté que la soumission des populations déclencherait la rage folle de tenanciers du nouvel ordre mondial et des sbires terroristes à leur solde :

« Ne croyez surtout pas que vous échapperez à leur fierté méprisante en vous effaçant dans l’obéissance. »

Nicolas citait de mémoire :

« quorum superbiam frustra per obsequium et modestiam effugeris…

Le progrès dans la monstruosité avait gagné les âmes comme les espaces. La soumission ne valait pas mieux que les crimes. Le désert croissait, malheur à qui en recélait. On nommerait paix et ordre les produits de cette dévastation.

Auferre, trucidare, rapere, falsis nominibus imperium; atque, ubi solitudinem faciunt, pacem appellant. »

Les rares discours de résistance nationale étaient souvent émouvants dans la littérature romaine ; plus convaincants que les romains. Tina mal coiffée, mal vêtue, mal nourrie, ébouriffée (elle portait une frange sur le front qui chahutait son visage, il faudrait que Tiziana s’occupe d’elle), poursuivait telle Enée l’évocation de sa jeune et charmante épopée. Certaines villes de Scandinavie mises sous coupe réglée, les autres ruinées par la guerre ou le semblant de guerre, son père avait voulu partir avec ce petit groupe de survie qui l’avait libéré. On avait renoncé à la Baltique pour d’évidentes raisons géopolitiques (« comme ils disaient à la télé »), et pu gagner la côte nord de la Norvège. Il avait fallu voler un voilier et puis commencer à faire cap vers le sud. Ce fut horrible. La mer s’était couverte de débris de piraterie, la pêche n’avait pas été bonne, les réserves baissaient. Il lui sembla que la côte irlandaise était moins affolante. Toujours ce rêve celte. Mais son père avait voulu descendre jusqu’en Galice, car il avait fait le chemin jeune. Il estimait à raison que le lieu où l’on doit se tenir pour résister doit être sûr et solidaire, de peuplement homogène et pratiquant.

Ce fut ce qui lui coûta la vie. Peut-être aussi son idée d’aller vers le sud. Leur bateau fut attaqué par une frégate plus ou moins mutinée, il fut tué, ses compagnons armés aussi, Tina enlevée et emmenée ici. Elle put facilement s’échapper (sans doute cherche-t-on à économiser le nombre de bouches à nourrir) d’une caserne avant de se retrouver parmi nous. Elle voulait se venger.

Cela posait une nouvelle fois le problème décisif ; combien de militaires apostats et revenus à la barbarie, héritiers de ceux qui avaient déclenché la guerre contre la Russie pour la destruction du continent et l’orgueil de l’empire abruti ? Le destin du spectacle n’est pas de finir en despotisme éclairé, avait dit un de nos maîtres. Combien pouvaient-ils encore en arriver ? Combien pouvaient manipuler des masses hébétées et affamées comme celles qu’on m’avait imposées pour me chasser de mes terres ? Combien aussi pourraient se mettre au service des oligarques qui tenaient les terres ?

C’était la grande question de Tina et je dois dire qu’elle venait à temps. On nous avait tellement rebattus les oreilles, avant cette guerre des milliardaires de la Patagonie, de leurs pistes d’atterrissage, de leurs haciendas fastueuses, de leurs hommes d’armes peut-être ! Mais j’en avais fait partie sans le vouloir de ces oligarques. Et puis trois ans avaient passé.

Trois ans avaient passé et j’avais quitté cette hacienda. J’aurais été tué et sans doute jugé (le comble habituel, avec les occidentaux) si j’étais demeuré quelques heures de plus. Que pouvait-il être arrivé aux autres ? Ils devaient couler sous la solitude, les impairs techniques, la pénurie de nourriture ou de pétrole ! En ayant traversé la Patagonie d’est en ouest ou presque, nous n’avions presque vu personne, et certainement pas de structure habitée, susceptible de survivre à trois ans de solitude. Comment se nourrir ? Et dans un monde sans argent, comment faire travailler l’autre sans rétablir l’esclavage et la menace ? Le payer avec l’or ? Pourquoi faire cet or et où trouver cet or, et comment le conserver, et comment le dépenser ? Pour un homme affamé un pain vaut un lingot. Une hacienda ne pouvait fonctionner qu’avec une bonne gestion, une bonne équipe de travail, peu de bouches inutiles – et avec de la chance, toutes conditions exceptionnelles en temps apocalyptique. Je repensais à une vieille lecture apocalyptique sur ces problèmes d’argent.

« J’étais pas content d’avoir donné mes cent sous. Il y avait ces cent sous entre nous. Ça suffit pour haïr, cent sous, et désirer qu’ils en crèvent tous. Pas d’amour à perdre dans ce monde, tant qu’il y aura cent sous. »

Tina avait beaucoup parlé et aussi beaucoup écouté. Elle parlait des langues scandinaves, un peu de russe, l’anglais, l’espagnol, elle se débrouillait même en chinois (sa mère l’avait enseigné avant de mourir). Elle s’endormit au creux de mon épaule (j’allais écrire au creux de ma main) et je dus la veiller comme mon enfant. Les autres filles, les Karen, Tatiana, Vilma, Tiziana, Laurana, irradiées par la lune rousse, entourées et fêtées par les araucarias et les notophagus, semblaient plus divines et sereines que jamais. Nicholas et Frantz semblaient gronder à mes côtés. On organisa les tours de garde.

Le lendemain au réveil Tina se proposa pour faire le feu et travailler. Elle me demanda aussi si j’avais pensé aux pigeons ; nous pourrions en attraper, les dresser, communiquer avec, même si notre petite société était toujours soudée et ne songeait guère à communiquer avec l’extérieur. On verrait. Je pensais au renard, au chien brave comme tout, aux trois chevaux, à ces perruches. Pour nous amuser – pour nous instruire aussi – Laurana parla des rifleros et de leur épopée de 1885 quand, suivant le colonel Fontana, des dizaines de soldats explorèrent ces contrées reculées du Chubut. On cherchait des terres, de l’or, des eaux pures et non souillées. Le voyage s’était prolongé sur cinq mille kilomètres. Ce qui m’intéressa c’est que ces hommes avaient beaucoup de chevaux et peu de fusils. Nous nous aimions les armes et moins les chevaux, vite repérables, et qui nous empêchaient de nous confondre avec la forêt le moment venu. Frantz aussi avait dégoûté tout le monde des armes à feu, avec la lutte au poignard, au jet de pierre, la fronde selon David et l’arc et les flèches. Tiziana s’ingéniait à soigner nos accoutrements en conséquence. Nous jouions qui nous étions.

Frantz depuis longtemps proposait de faire un crochet vers le lac  Amutui Quimei, petit lac méconnu qui ne risquait pas d’attirer beaucoup d’ex-touristes ou d’aventuriers au rabais (ils iraient sur les bords pollués de l’embalse). Laurana se borna à reconnaître qu’il y avait de belles mansions dans le territoire. On verrait bien si leurs propriétaires avaient pu survivre à trois ans de crise ou bien d’ennui. Nicholas prophétisa lugubre une ballade des pendus. Il fallait se préparer à assister en différé à une deuxième apocalypse – en attendant la troisième. Il ne se trompait pas sur tout, comme on verra.

Nous nous dirigeâmes vers l’ouest, et essuyâmes une petite dépression de trois jours. Il plut bien et fort. Ces phénomènes sont toujours forts dans leur odieuse banalité pour nous préparer au pire. Comment supporter le froid, l’ennui, l’humidité, comment s’abriter, comment se chauffer, se sécher, se distraire, passer le temps sans virer à l’aigre, à la vraie dépression. Tout est question ici encore de préparation et de réflexion. Je commençais à penser aux cavernes de Frantz avec plus de conviction. D’autres plus chevelus rêvaient de nos mansions… Mais imaginez une mansion sans eau et sans électricité, avec une cuisine et une moquette abandonnée. Dans la survie comme dans la vie le plus dur n’est pas l’épreuve mais le simple quotidien éprouvant. On commença à critiquer notre orientation, qui n’y était pour rien. Je fis lever le camp, nous marchâmes de force avec nos cartes et finalement nous la trouvâmes cette cabane abandonnée qui traîne dans tous les bois du monde. Nous la remîmes en quelques heures en état de fonctionner. Puis nous partîmes chasser – les plus convaincus – pendant que les autres frottaient et chauffaient la maison. Rien ne vaut le foyer. Grâce au chien Tacite (superbement nommé), nous coinçâmes un cervidé humul. J’hésitai peu et je l’abattis. Je conservai sa tête comme trophée avec ses yeux étonnants et je fis boire son sang à toute la troupe. Frantz le découpa avec tendresse et le fit griller à l’air, nous découpâmes la viande et en buvant son sang, ce qui versait de vin, nous étions comme fous. Tiziana et Karen tenaient des visions de dieu Cernunnos perdu dans les forêts. Et le beau temps revint.

Tina la finlandaise avait plus de fibre que les autres. Plus jeune, plus alerte, plus curieuse, et donc un peu agaçante peut-être dans sa volonté de mieux mettre en scène sa jeune vie. Peut-être un peu éprise de moi aussi, à sa manière (c’était la première fois que cela me frappait). Je l’envoyais en reconnaissance fréquemment pour l’éloigner, ce qui faisait rire – ou sourire – les plus lucides des garçons et les plus observatrices des filles. Le soir dans cette cabane nous préparions el future et puis surtout des fêtes – qui consistaient à oublier le futur que nous voyions toujours plus ou moins apocalyptique (les soldats, les bandes, les violeurs, les oligarques, les armes chimiques pour les humains restants…). Et nous fêtions cela avec des bûchers, des guirlandes et des rondes. Nous élisions une reine que nous couronnions de fleurs et les filles se mettaient à chanter en chœur. Les souvenirs littéraires permettent mieux que d’autres de s’habituer aux transformations sinistres de notre civilisation (mais pas de notre monde) définitivement déchue.

Des jeunes filles dansaient en rond sur la pelouse en chantant de vieux airs transmis par leurs mères, et d’un français si naturellement pur, que l’on se sentait bien exister dans ce vieux pays du Valois, où, pendant plus de mille ans, a battu le cœur de la France.

Les progrès de tous étaient liés à cela, sans qu’ils ou qu’elles le sachent. Un enchantement du monde à tire-larigot.

A peine avais−je remarqué, dans la ronde où nous dansions, une blonde, grande et belle, qu’on appelait Adrienne. Tout d’un coup, suivant les règles de la danse, Adrienne se trouva placée seule avec moi au milieu du cercle. Nos tailles étaient pareilles. On nous dit de nous embrasser, et la danse et le chœur tournaient plus vivement que jamais.

Et puis on continue pour enchanter les mœurs. Tina me serrait fort la main pendant ces danses. Mais je sentais d’autres regards aussi.

Je rapportai deux branches, qui furent tressés en couronne et nouées d’un ruban. Je posai sur la tête d’Adrienne cet ornement, dont les feuilles lustrées éclataient sur ses cheveux blonds aux rayons pâles de la lune. Elle ressemblait à la Béatrice de Dante qui sourit au poète errant sur la lisière des saintes demeures.

Mais on sait qu’Adrienne meurt. Ce monde est si stérile – ou endormi.

Après dix jours de cabane tout le monde en eut assez et nous décidâmes de regagner le lac de Frantz, Amutui Quimei, le lac au nom imprononçable.

Il était temps décidément de rencontrer le roi-pêcheur.

Mais lui, toujours…

De minoribus rebus principes consultant; de majoribus omnes.

– La bataille des Champs Patagoniques (12 – Fin) (lien)
– La bataille des Champs Patagoniques (11) (lien)
– La bataille des Champs Patagoniques (10) (lien)
– La bataille des Champs Patagoniques (9) (lien)
– La bataille des Champs Patagoniques (8) (lien)
– La bataille des Champs Patagoniques (7) (lien)
– La bataille des Champs Patagoniques (6) (lien)
– La Bataille des Champs Patagoniques (5) (lien)
– La Bataille des Champs Patagoniques (4) (lien)
– La Bataille des Champs Patagoniques (3) (lien)
– La Bataille des Champs Patagoniques (2) (lien)
– La Bataille des Champs Patagoniques (1) (lien)

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