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Mercredi, 15 Octobre 2014
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Les trois raisons du succès d’Eric Zemmour
Anissa Boumediene
Tribune libre
Ses détracteurs ont beau le taxer d’être réactionnaire, homophobe, sexiste ou islamophobe, Eric Zemmour s’en balance. Son livre caracole en tête des ventes, ses passages radio et télé sont l’assurance d’un pic d’audience et ses idées semblent trouver un écho grandissant dans l’opinion publique. 20 Minutes a analysé les rouages de la mécanique Zemmour.


Erreur


Le porte-voix de l’homme blanc

«Regarder en arrière, c’est le principe de base du « zemmourisme» réactionnaire, explique Erwan Lecœur, sociologue des médias et politologue spécialiste de l’extrême droite, qui estime qu’«Eric Zemmour s’accroche à un âge d’or de la France qui n’a jamais existé et qu’il est le symptôme d’un pays qui se sent mal». En se faisant le porte-voix d’une frange traditionaliste de la population, à l’instar de la Manif pour tous, le polémiste «défend la cause de l’homme blanc qui ne se sent reconnu à sa juste valeur et satisfait les esprits colonialistes nostalgiques d’une époque où la France était le maître du monde», analyse le sociologue.

Il vogue sur l’extrême-droitisation du débat public

Immigration galopante, féminisation de la société ou encore refus d’octroyer des droits aux couples de même sexe, le fonds de commerce d’Eric Zemmour ressemble à s’y méprendre au discours de Marine Le Pen. Sans complexe, le polémiste surfe sur l’extrême-droitisation du débat public pour remporter l’adhésion de son auditoire, quitte à jouer sur la peur, qu’il juge « bonne conseillère». Et qu’importe si son discours sent la haine, manipule les chiffres officiels ou reprend les thèses d’Alain Soral, essayiste antisémite et proche de Dieudonné, il plaît «parce qu’il joue sur l’affect des gens», analyse le sociologue.

Il sait utiliser les médias

«J’ai compris l’utilisation de la télévision dite de divertissement faite par la gauche depuis toujours pour endoctriner les masses», déclarait-il fin septembre dans Le Figaro Magazine, qui lui consacrait sa une. Habitué des plateaux télé et des studios de radio, Eric Zemmour sait comment faire le show, à grands coups de provoc’, endossant à merveille le rôle du méchant qui n’hésite pas à traiter ses interlocuteurs d’«idiots naïfs». C’est d’ailleurs « cette méchanceté à l’égard de tout et de tout le monde que les gens recherchent », estime Erwan Lecœur. Quand Zemmour est au programme, on peut être sûr qu’il régalera son auditoire de quelques joutes bien senties

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