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Samedi, 21 Janvier 2012
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Les bonnes sœurs et les footeux
Claude Bourrinet
Tribune libre
Les bonnes sœurs et les footeux
"Nos terres ne sont pas à vendre, c'est tout ce que l'on peut dire".

Voilà un propos qui sent le fagot, en ces temps où tout se négocie. Ne marchande-t-on pas l’air, l’eau, l’intelligence, le ventre des femmes et même des voyages sur la Lune ? Qui a donc l’audace d’affronter la Religion moderne, le dogme infaillible qui nourrit tant de banquiers, de politiciens, d’hommes d’affaires ? Qui ose tenir tête à l’Empire de l’argent ?

Pourtant, imaginons le profit record que l’on pourrait tirer d’un terrain situé près d’une entreprise florissante, cousue d’or, drainant des centaines de milliers de consommateurs fidèles jusqu’au fanatisme, soutenue par les plus hautes autorités de la région, et qui a l’ambition de s’agrandir ? Certains n’ont aucun sens des valeurs. Ou plutôt « certaines », car il s’agit de bonnes sœurs, lesquelles ont l’idée saugrenue de préférer la prière au business, le silence aux hurlements de supporters et aux vrombissements de Ferraris, la solitude à la foule, la paix aux remugles citadins.
L’histoire a quelque parenté avec une fable. Les Bonnes sœurs amatrices de potager. Quelque chose dans ce genre, que notre bon vieux La Fontaine, dont l’épicurisme serein rejoignait la paix heureuse de nos religieuses, aurait fait un chef d’œuvre plein de sagesse.

Les barbares convoitant de gâter le jardin, on rameuta donc force arguments d’autorité : ainsi le maire, l’archevêque… Et même fut-il question, un moment, de sa sainteté le pape. Rien n’y fit. Les Filles du cœur de Jésus, installées depuis la fin du XIXe siècle au couvent de la Serviane, dans une bucolique propriété d’un dizaine d’hectares, à faire pâlir tout spéculateur immobilier qui se respecte, ne voulurent rien entendre, se contentant de leur salade au lieu de blé bien dru. A croire que la méditation rend sot. Imaginez le nombre de Rolex achetées avec la plus-value ! L’archaïsme ne porte pas au réalisme.

Ai-je dit que l’entreprise fortunée qui voudrait dévorer ce morceau de Provence est un club de foot, dont les employés gagnent à taper dans une balle plusieurs centaines de smics par mois ?

Que font les « Indignés », les gauchistes, les Mélanchon, les Poutou, les Arthaud, les Joly pour apporter leur soutien à ces vaillantes combattantes anticapitalistes ? Ne sont-elles pas des symboles de la lutte des petits contre les gros, de la gratuité contre le fric-roi, de l’humilité, de la mesure, contre la prétention, le mauvais goût, le bling bling et la démesure ?

« Allez les petites ! », aurait-on envie de crier, pour paraphraser le regretté Roger Couderc (mais là, c’est du rugby !).
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