Les paroles s’envolent, les écrits restent, a-t-on coutume de dire, mais on oublie les images qui, assurément, sont peut-être plus dangereuses encore.
Que n’a-t-on entendu de commentaires scandalisés, ces derniers jours, sur les comportements des joueurs de l’équipe de France de football : insultes, doigts d’honneur, mépris, soit toute la panoplie complète et habituel des « cailleras » (racaille en verlan), tous bouffis, en ce qui concerne ceux-là, de monstrueuses et ô combien imméritées rémunérations qui ne font que renforcer le dégoût bien naturel qu’ils inspirent, non seulement à leur supporters, mais sans doute désormais à l’ensemble de la population française…
Mais tous les « cailleras » ne hantent pas seulement les stades de football ou les cités de non-droits… Certains, qu’on peut estimer pires, hantent les palais dorés de la République : ils n’en sont ni moins riches, ni moins arrogants que leurs simiesques cousins sportifs ou dealers et inspirent plus encore la nausée.
Ainsi Jean-François Copé, secrétaire national de l’UMP, dont une vidéo que l’on peut visionner sur internet(1) permet de découvrir le comportement : le moins qu’on puisse dire est que cet « Homoncule »(2) ne peut que soulever le cœur de tout honnête homme ou de toute femme qui se respecte.
Le jour de l’élection du président de l’Assemblée nationale, Marion Maréchal-Le Pen, jeune et jolie élue du Front National-Rassemblement Bleu Marine de 22 ans, fait partie, comme le veut le protocole, du Bureau d’âge et assiste le doyen François Scellier, avec les cinq autres benjamins de l’Assemblée Nationale.
Les députés venant déposer leur bulletin dans l’urne la salue, parfois d’un simple hochement de tête, souvent d’une courtoise poignée de main… Lorsqu’arrive son tour, Jean-François Copé la toise avec mépris, puis pivote pour la croiser et aller déposer son bulletin dans une seconde urne dans son dos.
Si « l’événement » a été rapporté par quelques journalistes, il n’a guère eu d’échos… et on n’a entendu aucune « chienne de garde » du féminisme, généralement si prompte à réagir contre toute atteinte à l’honneur féminin, dénoncer cette pitoyable attitude où la haine le dispute à la grossièreté, la morgue à la goujaterie, surtout vis-à-vis d’une toute jeune femme sans doute alors quelque peu impressionnée par sa fonction.
Nul sourcilleux démocrate, nul auto-proclamé républicain n’a crû bon de fustiger cette intolérable attitude vis-à-vis d’une élue du suffrage parlementaire.
En visionnant l’attitude d’une rare bassesse humaine du secrétaire national de l’UMP, on ne peut qu’être certain que le même personnage ne doit pas non plus, hésiter à entrer lorsqu’il se trouve « face à la porte de gauche au fond du couloir » ! Celle sur laquelle est indiqué pourtant : « Gentleman only » !