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Lundi, 18 Février 2008
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Kossovo, la trahison de l’Europe ?
Jean-Michel Vernochet
Étranger
Kossovo, la trahison de l’Europe ?
Et si l’indépendance unilatérale du Kossovo sonnait le glas de l’Europe ? Il n’est évidemment pas question de rabâcher ici toutes les considérations de bon sens relatives à une indépendance profondément déstabilisatrice en premier lieu dans les Balkans, région encore meurtrie par des guerres et dont les plaies sont loin d’être refermées ; ensuite dans une conjoncture internationale en surtension chronique depuis Septembre 2001.

Ayons à l’esprit, sans aller très loin, déjà en Europe, l’affaire des missiles d’interception américains qui doivent être mis en batterie en Pologne avec leur radar d’acquisition, en Tchéquie. Cela au grand dam de Moscou qui estime – sans doute à bon droit – que ce dispositif de guerre des étoiles n’est pas dirigé contre d’hypothétiques missiles balistiques iraniens, mais bien contre la Fédération de Russie elle-même !

Dans un tel contexte, était-il une nouvelle fois nécessaire de donner un grand coup de canif dans le contrat de bonnes mœurs passé entre les Nations en remettant en cause le droit international et le principe d’intangibilité des frontières* ?

Faut-il, encore aujourd’hui, insister sur le fait que la guerre de 1999 a été lancée contre la Yougoslavie en violation de ce Droit international auquel s’est référé le 27 mars 2003, pour l’honneur de la communauté internationale, le Premier ministre français, M. Villepin, en refusant de prendre part à la guerre d’agression qui allait être engagée contre l’Irak ?

Par ailleurs, on comprend bien pourquoi l’Espagne qui n’en finit pas de gérer le terrorisme basque, s’est opposée à l’indépendance du Kossovo, séparation qui augure mal de l’avenir des États nationaux, tous plus ou moins menacés à terme de landérisation. À commencer par le royaume belge maintenant devenu presque une fiction politique… Pour ce qui est de la France, elle joue avec le feu, inutile d’insister.

Quant aux tenants de l’indépendance - Royaume-Uni, Allemagne, Italie, France - ils viennent d’abattre leurs cartes et nous donnent à voir, dans sa nudité, leur désir d’Europe atlantique, autrement dit leur soumission au projet d’Union européenne tel que conçu et planifié à Washington.

Qui n’a vu en effet que dans Pristina en liesse, la Bannière étoilée fut aujourd’hui tout autant omniprésente que l’aigle noir bicéphale sur fond de gueule (rouge) ? Qui ne perçoit, au-delà des symboles, que le triomphe albanophone au Kossovo est aussi et surtout celui de la politique nord-américaine avançant ses pions afin d’encercler (endiguement) l’espace rival russe en créant à l’Est une nouvelle Europe essentiellement clientéliste ? Que cette indépendance est, au moins à court terme, l’œuvre du Département d’État et du Pentagone** dont les politiques se sont pourtant révélées êtres profondément et durablement déstabilisatrices des équilibres internationaux… Du Proche-Orient à l’Asie centrale, les exemples ne manquent pas où la politique dite du chaos constructif se développe en toute impunité sur des champs de ruines et accessoirement de pavots (la production de 2007 en Afghanistan aura été de 8200 t contre 180 en 2001 sous le régime Taleb - source NU).

De point de vue, il est consternant que les alliés ou les affidés européens de Washington - France, Allemagne, Italie, Angleterre - aient conspiré à la destruction de l’Europe, car la Serbie qui souhaitait rejoindre l’Union, va, en toute logique, lui tourner le dos pour se rapprocher de Moscou.

Ainsi, en hypothéquant à l’Est la construction européenne, en installant une fracture potentiellement contagieuse dans les Balkans où les minorités pourront tirer prétexte du précédent de l’indépendance kossovare comme la Transnistrie moldave ou les albanophones de Macédoine (pour ne pas parler de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie qui viennent ce même 17 février de candidater à l’indépendance !), l’Europe aura été, une fois de plus, trahie.

Trahie le 13 décembre par le passage en force du Traité de Lisbonne, sans consultation référendaire des Peuples. Un texte qui n’instaure en aucun cas cette Europe politique qu’espéraient les européistes sincères, ceux qui mettaient tous leurs espoirs dans une Union supranationale constituant un espace de puissance pouvant faire pièce aux appétits américains et aux empires émergents, notamment en Asie.

Ceux-là se retrouvent floués par une construction européenne qui n’aboutira au mieux qu’à un espace marchand, en fait à une zone de libre-échange euratlantique. L’Europe n’est finalement qu’un abus de langage…L’Europe a été un mythe utile à duper les foules et nécessaire à la création d’un vaste ensemble économique, financier et marchand destiné à absorber progressivement tous les États voisins, y compris euro-méditerranéens, placés sous la bannière du Pacte de l’Atlantique Nord. Ce sont - n’est-ce pas ? - des troupes européennes qui sous couvert de l’Otan, mais sous commandement américain, combattent en Afghanistan ? N’est-ce pas assez clair ainsi ?

Au final, l’indépendance du Kossovo ne constitue qu’une preuve supplémentaire, de ce que l’Europe n’est pas le but réel de l’Union en construction. Non, le mot « Europe » n’est qu’un leurre destiné justement à masquer sa disparition, sa dissolution et sa satellisation à la périphérie orientale de l’Amérique Monde. Nous n’aurons pas l’Europe, en revanche nous avançons vers cette fusion occidentaliste que l’ancien Premier Ministre Édouard Balladur appelle ardemment de ses vœux***.

Alors, laissons-là nos dernières illusions. Au-delà de la fièvre du dimanche soir, derrière les débordements et les délires populaires de Pristina, osons percevoir les premiers frémissements de la nouvelle Guerre froide qui s’annonce avec en toile fond la scène d’une fête sans lendemain…

Post-scriptum.

Quoique la « société multiraciale » ait été à l’ordre du jour de cette déclaration d’indépendance, celle-ci n’est a priori ni la victoire de la tolérance ni de la raison : « l’acte de naissance du nouvel État sont les bombes de l’Otan » comme l’a rappelé le Premier ministre serbe Vojislav Kostunica ce 17 février, auxquelles sont venues s’ajouter la rage des vainqueurs comme en témoignent les ruines de centaines d’églises et de monastères, les villages brûlés et leurs habitants chassés. Si la guerre fût entreprise pour mettre fin à de regrettables actions qualifiées pour les besoins de la cause « épuration ethnique »** aujourd’hui l’histoire, écrite par les seuls vainqueurs, se couvre de l’ombre du mensonge. Un mensonge passé dans l’épaisseur du trait médiatique, car s’il sortait de la sphère restreinte des historiens et des politologues pour atteindre le domaine public, il mettrait à bas le mythe d’une Europe de la paix.

Opérons à ce propos un arrêt sur image illustrant formidablement le pouvoir de sidération des médias sur l’opinion : la formule magique « La plus grande réussite de la construction européenne, c’est la paix » inlassablement répété pour nous vendre le Traité (dit simplifié) de Lisbonne, passe sans vergogne par pertes et profits sept grandes années de sanglantes, 1992-99, pour. De quoi rester pantois et méditatifs quant à la matrice médiatique au sein de laquelle nous baignons dans le liquide amniotique du mensonge et de la manipulation mentale. Rien d’excessif dans ce constat si l’on y réfléchit bien…

17 février 2008

notes

* C’est la transgression de ce principe par la Slovénie puis la Croatie en 1992, avec le soutien de l’Allemagne, qui enclencha sept années de guerres balkaniques pour le démantèlement de la Fédération yougoslave, dislocation qui s’achève ce 17 février 2008 avec l’indépendance du Kossovo.

** La base stratégique la plus importante en Europe, et vraisemblablement hors des États-Unis, se trouve au Kossovo. Le « Camp Bondsteel» se trouve au sud de la province près d'Urosevac, entre Pristina et Skopje en Macédoine. Il participe d’un vaste dispositif de bases implantées en Europe orientale de la Bosnie à l’Albanie via la Croatie. Le camp, une ville de 25 000 âmes, comporte quelque 160 bâtiments d’habitation, de nombreux édifices administratifs, deux « foyers », un «Burger King», des installations sportives et de loisirs, deux églises et un hôpital

*** Juste après la cessation des combats du printemps 1999, M. Kouchner emporté par ses habituels élans lyriques avançait le chiffre de 100 000 victimes ; quelques semaines après, en août, les enquêteurs des Nations Unies, parvenaient péniblement à 2000 morts toutes ethnies confondues ; en septembre 2004, Amnesty International avançait le chiffre de 3272, nombre arrondi à 4000 (!) au cours des dernières années par les experts médico-légaux du TPY. À ce jour, le chiffre virtuel médiatiquement retenu pour sa valeur symbolique, s’élève cependant toujours à 10 000. Pour ce qui est de l’épuration ethnique, la seule identifiable est au final celle des serbes dont 200 000 d’entre eux durent fuir la province ; on se souvient des meurtrières émeutes anti-serbes de mars 2004.

**** Édouard Balladur « Pour une Union occidentale entre l’Europe et les É-U ». Fayard. 2007.

Dernier ouvrage : « Manifeste pour une Europe des peuples ». Éd. du Rouvre. Paris 2007. Disponible chez librad.com :: ici
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