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Mardi, 23 Septembre 2008
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L’Antéchrist ou la mort de Dieu
Jean Pierre Laurier
Théoriciens :: Autres
L’Antéchrist ou la mort de Dieu
Si Frédérique Nietzsche a joué un rôle majeur dans le développement de la pensée et des idées en Europe au XIXe siècle, c’est le tragique XXe siècle qui sera le plus touché. Plus que jamais, les idées de Nietzsche sont d’actualité.

Nietzsche ayant décrété : Dieu est mort!, ses réflexions sur l’existence de Dieu ont été mortelles pour les gens de foi. Une chose est certaine : le sujet Dieu comme réalité ou comme état spirituel est remis en question. Il faut voir dans la vision de Nietzsche une tentative de révolte dionysiaque contre le Dieu des religions du Livre.

Les ouvrages L’Antéchrist et Ecce Homo constituent une attaque contre les fondements mêmes de notre monde « civilisé » et une remise en question des valeurs qui nous « réconfortent » depuis des siècles. La cruauté, la morbidité et la volonté de faire souffrir sont le fait des religions, de la même manière que les phénomènes de la vie, de l’existence et de la volonté peuvent être des réalités pour les négateurs de Dieu. Si la religion postule que l’homme est la création de Dieu, Nietzsche démontre que l’homme doit toujours se donner des buts dans l’existence, car il n’est pas une fin, mais un moyen, un accident et un pont menant à un autre niveau (voir La généalogie de la morale). On peut même dire que l’homme est un animal policé à deux pattes qui a été perverti et corrompu par la connaissance. Il doit sortir de la préhistoire pour tendre vers l’histoire. Il est vrai que Nietzsche rejetait toute forme de déterminisme historique, mais sa vision circulaire représente un élément positif, car l’histoire de l’humanité n’est ni purement circulaire, ni purement linéaire : elle a la forme d’une spirale.

L’œuvre de Nietzsche est une tentative – mais une tentative tragique! – de fonder un héroïsme hors du commun.

Par-delà le bien et le mal ou le dépassement de l’homme

On parle encore, de nos jours, du bien et du mal, alors même qu’on met de plus en plus de côté le christianisme en Europe et en Occident. Les nouveaux maîtres bien-pensants de l’ordre consumériste ont décidé qu’il fallait une morale laïque calquée sur celle des religions monothéistes. Voltaire a pris la place du Christ dans le monde européen et occidental. Le modèle français en est un exemple. Entre Rousseau et Voltaire, qui représente le mieux la République française, avec ses institutions cyniques? Jean-Jacques Rousseau avait la chaleur et l’idéalisme comme guides. Il sera déçu et se repliera dans son univers misanthropique (voir Les rêveries du promeneur solitaire). Voltaire, lui, se retranchera dans le cynisme et dans le mépris. De son côté, Frédérique Nietzsche est, certes, cynique, mais il y a aussi, chez lui, une volonté de justice dérivant du réalisme des choses. Le libéralisme est pour lui le début de la fin de l’Europe. L’ordre mercantile des épiciers a remplacé celui des guerriers et des nobles du cœur et de l’esprit.

Aujourd’hui encore, nous voulons nous donner bonne conscience, en refusant l’idée que nous faisons partie d’une humanité accidentelle. Nous en sommes encore au stade de la préhistoire de l’humanité. Ni Jean-Jacques Rousseau, ni Voltaire, ni les Lumières ne peuvent nous sauver. Jean-Jacques Rousseau avait au moins une chose en commun avec Frédérique Nietzsche : il était le produit des Lumières, mais un produit en révolte contre ces mêmes Lumières, autrement dit : un antilibéral! Parmi les penseurs du XVIIIe siècle, Jean-Jacques Rousseau est celui qui exerça la plus grande influence sur le communisme, le fascisme, le nazisme et les mouvements de retour à la terre (hippie, écologiste, etc.) qui se développèrent au XXe siècle. Le XXIe siècle, lui, sera celui de Nietzsche et de Jünger!

C’est au XIXe siècle que le libéralisme et la « démocratie », nés du développement de la pensée des XVIIe et XVIIIe siècles, auront pris véritablement forme. Ce développement a donné une mixture culturelle et géographique sans pareille. Nous sommes une sorte de chaos sorti tout droit de l’antichambre de la vie et de la mort. L’homme moderne est un être hybride.

Comme le dit Frédérique Nietzsche : « Le XIXe siècle a été le premier à connaître ce sens, son sixième sens. Grâce à ce mélange des sangs, nos âmes modernes sont envahies par toutes les formes et toutes les mœurs des civilisations qui ont coexisté autrefois ou se sont superposées les unes aux autres; désormais nos instincts refluent en arrière dans toutes les directions, nous sommes une sorte de chaos; et finalement l’“esprit”, comme je l’ai dit, y trouve pourtant son compte. La semi-barbarie de nos corps et de nos besoins nous procure un peu partout des accès secrets qu’ont toujours ignoré les siècles aristocratiques; surtout ils nous font pénétrer au labyrinthe des civilisations inachevées et de toutes les semi-barbaries qui ont jamais existé sur le globe » (1) .

Donc, on peut voir aussi le rôle que le judaïsme, le christianisme et l’islam ont pu jouer dans le développement de l’esprit qui a créé le chaos. La mutation de l’hellénisme et du principe de l’imperium romain, favorisée par l’infiltration du christianisme en Occident, a donné naissance à une nouvelle forme de pouvoir : le pouvoir du peuple de Dieu. De là est née une sorte de révolution culturelle et universelle fondée sur des lois émanant des religions du Livre.

Il faut être naïf, voire ignare, pour dire qu’il n’y avait pas de codes moraux chez les peuples païens. La morale s’est développée à travers les siècles sous différentes formes. La morale est la création des hommes, une sorte de barrière, de limite. Soit on tend vers une renaissance, comme nous le propose Frédérique Nietzsche, soit on sombre dans une décomposition totale, comme a pu le démontrer le marquis de Sade dans son œuvre littéraire sulfureuse. Ce dernier ne voyait que méchanceté et corruption chez les hommes. La perte totale d’idées, de projets et de possibilités de dépassement ne peut conduire les hommes qu’au pourrissement et aux perversions. Il faut donc choisir la voie à suivre entre l’œuvre de Nietzsche et celle de Sade. Il y a une mauvaise conscience en chaque individu, laquelle nous amène à une guerre sainte : la nôtre! Il faut dépasser la morbidité pour tendre vers la lumière du Grand Midi.

À propos de la mauvaise conscience, Frédérique Nietzsche disait quelle était une maladie.

Il fallait, d’après lui, chercher les conditions dans lesquelles cette maladie atteignait son effroyable et sublime paroxysme. Pour ce faire, il faut peut-être chercher dans les profondeurs de l’esprit des peuples. Pour lui, les religions, qui sont les créations des hommes, sont les ponts qui mènent à cette forme de crise condamnant les individus à une fixation de la pensée et de l’existence. Lorsqu’on dit qu’il y a une partie de bien et une partie de mal en l’homme, il faut se reporter au dualisme des religions du désert. Il faudrait plutôt dire qu’il y a du mal dans le bien et du bien dans le mal. L’être humain, pont et passage à un stade supérieur, est un immense labyrinthe. La découverte de Minotaure au bout du labyrinthe est le combat ultime, la victoire de nous-mêmes sur nous-mêmes.

Ne faut-il pas suivre le satyre et le son de sa flûte de Pan? Musique qui ensorcelle, qui déchaîne les passions et qui nous conduit vers Dionysos. Il faut aussi ouvrir ses horizons à Apollon pour établir l’équilibre du beau avec les puissants instincts.

Les êtres d’esprit supérieurs qui tendent à faire le bien ne le font pas en vertu de règles morales, mais par pur instinct de vie. Ils sont amenés à suivre la voie héroïque que l’existence leur a tracée.

D’un point de vue ontologique, il faut cerner le point cardinal de l’existence qui mène à cette voie de la toute-puissance. Il faut dire avec Frédérique Nietzsche : « Ce qui ne me tue pas me fortifie » (2). Il faut défier la vie comme il faut affronter la tempête. La création artistique, comme la guerre, est cette forme ultime de défi!

La volonté comme guide

Pour Frédérique Nietzsche, la volonté est absolue. Toute action de l’individu est le produit de la volonté de puissance. Les mauvais instincts comme les bons guident les pas des hommes qui cherchent à trouver un point de repère dans l’existence.

Zarathoustra annonçant le surhomme, l’avènement d’un nouvel ordre spirituel, veut amener l’humanité au dépassement. Soit que l’humanité disparaisse, soit que les survivants de la sous-humanité construisent un nouveau monde. Des mauvais et bons instincts, Frédérique Nietzsche dit : « Mais les mauvais instincts sont en réalité aussi opportuns, aussi utiles à la conservation de l’espèce, aussi indispensables que les bons : leur fonction seule est différente » (3).

L’avènement du progrès technique à travers le développement industriel a donné naissance à un type particulier d’homme. Cet homme est l’homme technique, le travailleur. Lorsque Frédérique Engels disait que la bourgeoisie avait créé son fossoyeur en la personne du prolétaire (Voir Socialisme utopique et socialisme scientifique), il n’avait pas totalement tort. Cependant, il ne pouvait pas prévoir le modèle du travailleur, homme supérieur au prolétaire, ce dernier demeurant lié à la marchandise. Le travailleur, lui, est lié à la technique, qui est un stade supérieur du développement du capitalisme et de son dépassement. Ce dernier est au dessus des partis, il est l’homme des ligues, il est aussi le modèle nietzschéen en marche, comme pouvait le démontrer Ernst Jünger dans son livre Le Travailleur (1932), et comme le démontre Frédérique Nietzsche dans Par delà le bien et le mal. Dans cet ouvrage, Nietzsche écrit : « Où l’homme ne peut plus rien voir ni saisir, il n’y a plus rien à chercher – voilà un impératif qui certes diffère en tout de celui de Platon, mais qui convient le mieux du monde à une race dure et laborieuse de futurs mécaniciens et de futurs ingénieurs qui n’auront à s’acquitter que de grossiers travaux » (4).

Cette nouvelle catégorie d’homme, produit d’une modernité liée au progrès, est l’homme du futur : l’homme technicien, l’homme technique de l’organisation et de la planification sociale et économique. Malgré la postmodernité et l’individualisme des sociétés libérales, le retour à la communauté hiérarchisée est inévitable. Le modèle d’une société sans classes ne pourra se réaliser qu’au-delà de la « démocratie », qui est la négation d’une société véritablement mature.

La démocratie est un état de droits, d’institutions et de règles morales et elle représente, à ce titre, l’incarnation parfaite de l’asservissement. L’État, sans ladite démocratie, n’a plus de raison d’exister, et il doit être remplacé par des formes fédératives. Au-delà des richesses matérielles et des titres pompeux, ce type de société doit être constitué de nouveaux hommes dignes d’une aristocratie véritable. La volonté de puissance est au-delà des lois, des institutions, des titres sociaux et des fondements moraux. La mort de Dieu décrétée par Nietzsche a été le début de cette longue odyssée vers le Travailleur.

Dans le premier Manifeste futuriste de Filippo Tommaso Marinetti, l’automobile peut être vue comme un symbole de la volonté de puissance. Aujourd’hui, cela peut paraître banal, mais en 1909, c’était révolutionnaire! Marinetti écrit : « Nous voulons chanter l’homme qui tient le volant, dont la tige idéale traverse la terre, lancée elle-même sur le circuit de son orbite » (5). La guerre est aussi une préoccupation de l’auteur, tout comme la lutte : « Nous voulons glorifier la guerre – seule hygiène du monde – , le militarisme, le patriotisme, le geste destructeur des anarchistes, les belles idées qui tuent, et le mépris de la femme ». Il n’y a plus de beauté que dans la lutte. Pas de chef-d’œuvre sans un caractère agressif. La poésie doit être un assaut violent contre les forces inconnues, pour les sommer de se coucher devant l’homme ». La vision qu’a Marinetti de la pensée de Nietzsche n’est pas traditionnelle, mais moderne. On pouvait voir refléter la volonté de puissance dans la technique et l’art moderne. Par la musique, la peinture, la sculpture et la littérature, les formes sont agressives et brutales. Si Marinetti a été inspiré par la pensée de Frédérique Nietzsche, il voulait dépasser ce dernier, ce qui prouve qu’il y avait contradiction entre sa pensée et celle de Frédérique Nietzsche. Il faut lire son texte « Ce qui nous sépare de Nietzsche », paru en 1911, pour comprendre la rupture entre les deux pensées. Pour les Futuristes, c’est dans la lutte contre la passion professorale pour le passé que la pensée de Nietzsche est violemment reniée. Ce dernier rêvait d’un retour à l’âge noble de la période présocratique et de la tragédie grecque. La haine des Futuristes pour l’archéologie et l’esthétisme ancien ne pouvait conduire ces derniers qu’à une rupture. Les Futuristes italiens, qui incarnaient un aspect de l’idéal artiste du fascisme, n’étaient pas hellénistes, contrairement à Benito Mussolini, qui voyait dans la Rome et la Grèce anciennes deux modèles héroïques. La mouvance futuriste dans le mouvement fasciste représentait donc le côté moderniste de la petite bourgeoisie dégoûtée de la médiocrité de la société traditionnelle italienne. Un poète comme Ezra Pound incarnait beaucoup mieux la pensée de Frédérique Nietzsche (Voir les Cantos).

Marinetti a perdu son pari face à Nietzsche. Aujourd’hui, le Futurisme est dépassé par la même société moderne et technicienne qu’il avait exaltée. Seul Ernst Jünger, par son analyse de la société technicienne, a pu voir la possibilité d’une synthèse entre tradition et modernité. Il ne faut pas oublier que la modernité déracine et transforme.

La volonté de puissance, force du devenir, est pour plusieurs une forme vulgaire de vitalisme. Il n’en est rien! La dimension spirituelle est la base de cette volonté présentée par l’image de Dionysos et contrôlée par l’image d’Apollon (voir La naissance de la tragédie). À ce propos, Nietzsche écrit : « That act of pacification represents the most important event in the history of Greek ritual; every department of life now shows symptoms of a revolutionary change. The two great antagonists have been reconciled » (6).

Le rapport entre les deux divinités est opposition et unité. Il y a donc une relation dialectique entre les deux. Cette relation dialectique n’a rien à voir avec la dialectique hégélienne. Elle s’inspire de la dialectique antique. La volonté de puissance, comme conduite de vie, nous amène à l’idée d’une grande réflexion sur les notions de vie et de mort. Les réflexions sur la mort ne doivent nous amener qu’à une refonte du sens de la vie. La tragédie comme phénomène théâtral et artistique est le dépassement des passions primaires et elle doit conduire à un stade supérieur de la vie. La révolution et la guerre ont toujours contribué à donner des hommes d’une brutalité et d’une force sans pareilles. Il suffit de lire le Journal de Bolivie de Che Guevara et les livres d’Ernst Jünger Orage d’Acier, Feu et sang et La guerre comme expérience intérieure pour s’en convaincre. C’est dans les grandes périodes de crise que naissent les individus d’une force et d’une grandeur titanesques (7).

Chez Frédérique Nietzsche, nous trouvons aussi la notion du temps lié à l’éternel retour. Le temps est inséparable de l’être. La volonté de puissance, le temps et l’être constituent, pour lui, des éléments inséparables.

Ernst Jünger, dans son célèbre livre Le Traité du sablier, dit, à propos de Nietzsche et du temps : « Nietzsche lui aussi, se réfère au sablier, parmi les images qui définissent chez lui l’éternel retour : L’éternel sablier de la vie ne cesse jamais de s’inverser » (8).

Aujourd’hui, plus que jamais, le temps est concis et l’existence est de plus en plus un combat.

Révolte contre le christianisme en particulier, contre les religions du désert en général

On peut voir dans la pensée de Frédérique Nietzsche la volonté d’un ordre ancien qui tend à disparaître et qui lutte pour sa survie. Frédérique Nietzsche était un Ancien, un Hellène. À certains égards, sa pensée s’inscrit dans la continuité de l’esprit et du savoir grecs. Héritier des Lumières et révolté contre ces dernières, Frédérique Nietzsche voulait faire resurgir la profondeur de l’esthétisme et de la pensée tragique grecque. Son livre L’Antéchrist, paru pour la première fois en 1888, en est un exemple. Ce livre est la critique ultime du Christ et des Églises. Le chanteur de dark folk, Michael Moynihan, s’est servi du livre de Nietzsche et des poèmes d’Ezra Pound pour son album « Gospel of Inhumanity », et le chanteur de métal industriel Marilyn Manson s’est aussi servi du livre de Frédérique Nietzsche pour son album « Antichrist Superstar ». Évidemment, il faut bien comprendre que ces références s’inscrivent dans une tendance contre-culturelle (9). Dans son livre, Frédérique Nietzsche établit les bases de la lutte contre le christianisme.

Nietzsche, qui exalte les lois opposées au christianisme écrit, dans L’Antéchrist : « Cette éternelle mise en accusation du christianisme, je la veux afficher sur tous les murs, partout où il y a des murs – j’ai pour cela des lettres qui rendraient la vue aux aveugles… J’appelle le christianisme l’unique grande malédiction, l’unique grande corruption intime, l’unique grand instinct de vengeance, pour qui aucun moyen n’est assez venimeux, assez secret, assez souterrain, assez mesquin – je rappelle l’immortelle flétrissure de l’humanité » (10).

Karl Marx, dans La question juive (1843), un livre écrit en réponse à Bruno Bauer, défend une vision similaire à l’égard des religions du Livre, et à l’égard du christianisme en particulier. Pour Marx, ces religions sont l’aboutissement du judaïsme. L’antijudaïsme de Frédérique Nietzsche et de Karl Marx est le produit des Lumières revisitées. Chez Nietzsche comme chez Marx, cette position est un rejet du libéralisme des Lumières et elles est liée à l’avènement d’un homme nouveau et d’une société nouvelle. La négation du christianisme est la négation du judaïsme. C’est aussi l’aboutissement de la négation des Lumières comme courant d’un stade passé de l’esprit bourgeois. C’est aussi l’aboutissement du libéralisme et de l’idéal de démocratie si chère à Voltaire et consorts. Il faut tenir compte du fait que Karl Marx a suivi une voie différente de Frédérique Nietzsche. Karl Marx avait une vision historique en spirale, et Frédérique Nietzsche, une vision circulaire de l’histoire. Il n’en demeure pas moins que ces deux penseurs ennemis de leur époque peuvent s’unir. L’un complète l’autre! Nietzsche avait en horreur la masse, mais il reconnaissait que cette dernière pouvait être guidée par une forte volonté de puissance. Karl Marx voyait dans la masse des ouvriers l’instrument et l’outil de la fin d’un monde. Pour Karl Marx, tout cela n’était que le produit de l’histoire. C’est la raison pour laquelle on peut parler d’une volonté de puissance (11).

Conclusion

La volonté de puissance peut se vivre dans la politique, la sexualité, la guerre et la création artistique. Nous vivons dans un monde de créanciers. Ce monde est mercantile tant sur le plan moral que sur le plan économique. La méchanceté, l’amour, la souffrance et le plaisir se paient. La créance et la dette envers Dieu sont passées entre les mains du financier. Ce mercantilisme est le fruit du règne de la quantité sur la qualité. Frédérique Nietzsche aura joué ce rôle ingrat de devoir remettre toutes les valeurs en question. Il en aura payé de sa santé et de sa vie. Plus que jamais, nous sommes dans un cul-de-sac. Le XXIe siècle est plus que jamais le siècle de Frédérique Nietzsche. Son esprit n’aura jamais de repos ni le nôtre.

notes

1 - Frédérique Nietzsche, Par-delà le bien et le mal, Septième partie : « Nos vertus », Éditions U.G.E., coll. « 10-18 », 1970, pp. 160.

2 - Ibid., Le Crépuscule des idoles, « Maximes et traits », Éditions Folio, coll. « Essais », 2006, p. 12.

3 - Ibid., Le gai savoir, Livre premier, Éditions Gallimard, coll. « Idées », 1972, p. 44.

4 - Id., première partie, p. 37.

5 - Filippo Tommaso Marinetti, Tuons le clair de lune, Premier manifeste futuriste, Éditions Mille et une nuits, 2005 [janvier 1909], pp. 11-12. Voir le texte de F-T Marinetti « Ce qui nous sépare de Nietzsche », p. 59.

6 - Friedrich Nietzshe, “The Birth of Tragedy from the Spirit of Music” in The Birth of Tragedy and The Genealogy of Morals, Doubleday Anchor Book, 1956, p. 26.

7 - Voir les ouvrages de Ernst Jünger, Orage d’Acier, paru aux Éditions Christian Bourgeois (Le Livre de poche, coll. « Biblio », 2007), et de Che Guevara, Le Journal de Bolivie, paru aux éditions Parti Pris en 1969.

8 - Ernst Jünger, Le traité du sablier, chapitre-XIV, Éditions Christian Bourgeois-Seuil, coll. « Points-Littérature », 1984, p. 176. Pour de l’information sur Marilyn Manson : en.wikipedia.org (Antichrist_Superstar). À propos de Marilyn Manson et de Michael Moynihan, voir le livre de Gavin Baddeley « Lucifer Rising » paru aux Éditions Plexus en 1999.

9 - Voir les références : Blood and Axis : LIEN

Voir le livre de Ezra Pound, « Les Cantos », paru aux Éditions Flammarion, coll. « Mille et une pages », 2001.

10 - Frédérique Nietzsche, L’Antéchrist suivi de Ecce Homo, chapitre 62, coll. « Folio-essais », 2006, p. 88.

11 - Voir Karl Marx, La question juive, U.G.E., coll. « 10/18 », 1968. Voir aussi L’idéologie allemande aux Éditions Sociales (1968) et le Manifeste du Parti communiste aux Éditions en langues étrangères (Pékin, 1977).
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