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Lundi, 22 Décembre 2003
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José-Antonio Primo de Rivera
Edouardo Aunos Perez
Histoire :: Espagne
Quelle dynastie d'hommes de premier plan que la famille Primo de Rivera !

Don Fernando Primo de Rivera, premier marquis de Estella, après sa victoire sur les Carlistes à Estella, combat pour sa patrie à Cuba, aux Philippines et dans les guerres civiles du XIXème siècle. Ses successeurs Don Fernando et Don Miguel s'illustrent aussi, le premier comme soldat insigne au-delà des mers et en Afrique, et le second est non seulement le général victorieux, héros de Alhucemas, pacificateur du Riff, mais encore l'homme politique, dictateur paternel, à qui son pays est redevable de sept années de paix dans le travail et la prospérité. A ce grand patricien enfin, le destin avait donné un fils d'une valeur remarquable dans tous les sens du mot et supérieurement doué, José-Antonio Primo de Rivera.

Les dons exceptionnels du jeune marquis de Estella se manifestèrent dès son jeune âge. Encore adolescent, joyeux et pensif à la fois, il n'en prenait pas moins volontiers sa part de tous les soucis et épisodes de la vie familiale. Il avait perdu sa mère très jeune et, bien souvent, il suppléait son père absent du foyer et retenu par son service. Ainsi s'explique qu'il ait développé de bonne heure ses qualités de chef et d'administrateur vraiment notables. Son père s'enorgueillissait de voir son fils si fidèlement interpréter ses propres sentiments paternels, dans sa famille composée d'une soeur du Dictateur, de ses fils José-Antonio, Miguel et Fernand et de ses filles Carmen et Pilar, famille où chacun avait pourtant sa personnalité bien accusée. José-Antonio se détachait néanmoins comme le chef.

Bien de moins militaire que la formation de José-Antonio. Il dédaignait le clinquant des parades et des uniformes et consacrait le meilleur de lui-même à ses livres et à des amis choisis. Qu'on n'aille pas croire qu'il ait jamais fait fi des vertus militaires et méprisé la carrière des armes. Il fut soldat et officier de réserve, participant aux revues, exercices et manoeuvres avec toute sa fougue et son haut sentiment du devoir. Mais il était, si l'on ose dire, un militaire très civil. J'entends par là que loin de considérer la carrière militaire comme une fin en soi, ce qui était bien souvent, le cas sous la monarchie libérale, José-Antonio n'y voyait qu'un compartiment de l'activité humaine certainement importante, mais en aucune façon exclusive.

Quand son père fit le coup d'Etat le 13 septembre 1923, José-Antonio suivait encore les cours de l'Université. Toute son admiration et sa piété filiales ne l'empêchaient pas de voir que le gouvernement militaire implanté par le marquis de Estella était encore loin de réaliser toutes les exigences profondes de l'Espagne. Ce désaccord sur le fond ne se manifestait pas sous forme d'indiscipline et il n'en faisait pas du tout ostentation démagogique.

Puisqu'il suivait les cours de droit de l'Université de Madrid où la majorité des professeurs se montraient hostiles à la dictature et partisans des principes démocratiques, il aurait été assez naturel que l'étudiant José-Antonio en fût influencé. Une des personnalités qui avait le plus de prestige à ses yeux, en ce temps-là, était le professeur de Droit civil, Felipe Sanchez Roman, homme d'un talent réel, mais de gauche et tout imprégné de ce pessimisme et de cette admiration aveugle pour tout ce qui est étranger qui caractérisait les intellectuels espagnols sous la monarchie libérale.

José-Antonio est ainsi attiré par cette admiration juvénile vers l'étude du Droit Civil, à tel point que le professeur reconnaît solennellement que son élève l'avait dépassé. Il connaissait à fond le Droit romain et le Droit contemporain. Il savait mieux que personne déduire des conséquences imprévues aussi bien des textes légaux que des thèses des jurisconsultes. Quand il lui arrivait de plaider, même à ses débuts, devant la Cour de Madrid, du temps de la Dictature, la salle d'audience se remplissait de monde en un clin d'oeil.

C'était rare plaisir que d'écouter le jeune jurisconsulte. La parole facile et assurée, les arguments précis, la voix ardente, avec les gestes qui convenaient, il administrait comme en se jouant des leçons d'histoire, d'expérience et de logique. Sans presque s'en rendre compte lui-même, il séduisait son auditoire pour le laisser convaincu. Du vivant du père, la personnalité débordante et majestueuse du général freinait en quelque sorte celle de son fils. Personne comme ce dernier, bien que fort peu partisan de la dictature, ne devait ressentir davantage l'injustice du gouvernement Bérenguer envers le Dictateur en disgrâce. Les attaques inspirées ou autorisées dans la presse, le mépris systématique affiché pour l'oeuvre magnifique des sept dernières années firent évoluer beaucoup et de façon décisive l'esprit du jeune José-Antonio, qui avait suivi son père dans son exil volontaire.

Après la mort du général le 16 mars 1930 à Paris, le jeune homme avait déjà pu sonder toute la profondeur de art le l'ingratitude humaine tout en admirant d'autre part le sacrifice de celui qui avait rendu possibles des jours de gloire pour sa patrie.

Ce Paris ou José-Antonio avait vu tout d'abord le deuil l'envelopper, il l'aime malgré tout d'un grand amour, si bien qu’il pouvait à peine passer un mois en Espagne sans sentir le besoin de revoir la Ville Lumière où quelque évocation historique surgit à chaque pas. La culture de José-Antonio était profondément française. Il aimait son histoire et son art, Je l'ai souvent entendu dire qu'en France il avait senti éclore sa vocation d'homme de gouvernement. Car ce pays lui apparaissait comme pétri par les grands hommes de son histoire et irradiant leur génie.

Le jeune gentilhomme espagnol étendit encore sa culture au sortir de l’Université. Les lectures sérieuses et les plus diverses occupaient tous ses loisirs et la poésie prenait chaque jour plus d'attrait à ses yeux. Nourri des classiques, amant de Lucrèce et passionné de Virgile, il récitait par coeur aussi bien Horace que d'autres poètes modernes, surtout les symbolistes français. Verlaine était un de ses auteurs de chevet. Il n'y a pas longtemps qu'en compagnie du grand poète et essayiste Sanchez Mazas, un des fondateurs de Phalange espagnole, je l'entendais déclamer des vers de Gongora et de Samain en pleine Gran Via de Madrid à deux heures du matin.

Ce grand esprit européen et occidental ne laisse pas de livre, mais une doctrine et un parti qui survivent, ce qui vaut bien plusieurs volumes. Sa doctrine est la théorie de l'Empire et des corporations, tandis que son parti, Falange Espanola perpétuera son esprit comme la flamme sacrée d'un ordre de chevalerie moderne.

La théorie de l'Empire et des corporations est ébauchée et définie en maints passages de ses discours. Elle met en fait que l'Occident est un, et que cette unité trouve son expression politique dans l'Empire comme sous Charlemagne ou Charles-Quint. Socialement l'économie corporative doit se substituer au capitalisme et la richesse être équitablement répartie selon la fonction sociale de chacun. L'Empire s'oppose au morcellement de la Chrétienté provoqué par la Réforme et exalté par la Révolution. Les Corporations dans l'Etat syndical-corporatif constitueront la digue nécessaire à la fois contre le capitalisme démoralisateur et le socialisme destructeur. Pour José-Antonio Primo de Rivera, l'Occident n'est pas seulement unité de culture, mais aussi tend à redevenir unité politique jadis réalisée, tentée une autre fois et qui ayant échoué est à nouveau la planche de salut pour les hommes de la nouvelle génération s'ils ne veulent pas être submergés par les internationales de toutes sortes.

Au regard de l'Empire et de l'Etat Corporatif, la Monarchie ne venait, pour José-Antonio, qu'au second plan. Un super-Etat idéal, monarchique et impérial présidant à la vie des peuples occidentaux, ceux-ci peuvent eux-mêmes se donner, selon les circonstances, un régime dynastique ou électif - et dans ce dernier cas s'organiser en république autoritaire.

Voilà comment J-A Primo de Rivera n'était pas foncièrement monarchiste. Il repoussait momentanément toute idée de restauration d'un roi en Espagne, tout en faisant de la Monarchie la clef de voûte indispensable du grand édifice européen occidental.

En matière économique et sociale, personne de plus acharné contre les privilèges que le fondateur de la Falange Espanola. Il voulait organiser l'Espagne sur la base de la famille et en même temps en syndicats de producteurs, de telle sorte que chaque commune devienne un composé harmonieux de familles et de syndicats et que chaque branche de la production soit une fédération de syndicats patronaux et ouvriers formant à leur tour une Corporation d'Industrie.

Hostile à la collectivisation néfaste des entreprises, d'inspiration marxiste et inefficace, il tendait à les organiser progressivement en corporations, à commencer par la Banque et toutes les entreprises d'intérêt général. Chacune de ces Corporations serait dirigée par un Conseil corporatif où afflueraient les représentants des syndicats ouvriers, des employés, des ingénieurs, ainsi que ceux de la collectivité nationale, ces Conseils corporatifs nommant le directeur et les administrateurs de l'entreprise responsables de leur gestion dans des délais fixés à l'avance. Dans ce système, la direction étant retirée des mains des capitalistes, elle passe à la collectivité des producteurs qui, par le truchement du Conseil corporatif, peuvent faire appel au Crédit en émettant des obligations, sans que jamais les bailleurs de fonds aient à ce titre un droit de regard dans la direction. La répression de l'usure et la répartition des terres complétaient cette doctrine sociale.

La Phalange espagnole des jeunesse offensives nationales syndicalistes est le chef-d'oeuvre de José-Antonio. Un moment il avait envisagé de fonder une Hermandad - une confrérie, - mais bientôt il se rendit compte que les temps étaient de lutte et que l'Espagne avait besoin d'une phalange de combattants et de paladins. Falange naquit en 1932 en pleine décomposition républicaine, démocratique et marxiste. Ce fut un geste magnifique de ce prince de la jeunesse espagnole qui s'était présenté à des élections législatives partielles au début de cette même année à Madrid. Seul il mena sa campagne électorale au grand effroi des droites et des «bien-pensants» terrifiés par les menaces des républicains de gauche et des socialistes. Pour empêcher son triomphe il fallut présenter contre lui une personnalité marquante des vieux cadres du «républicanisme historique».

Malgré sa défaite électorale, bien loin de renoncer, et encouragé au contraire par la jeunesse espagnole qui réclamait un chef capable de la conduire à la victoire, il organisa les premières escuadras de Falange en apportant ses quelques partisans aux Syndicats d'offensive nationale-svndicaliste fondés par l'écrivain et propagandiste Ledesma Ramos. Cette fusion devait être féconde pour la Phalange qui dès lors unit au sens de l'héroïsme et de l'amour à la patrie les préoccupations sociales et corporatives.

Mû par ce besoin qui était en lui de construire et d'organiser, J.-A. Primo de Rivera parcourt l'Espagne et partout sa voix s'élève claire et sincère. Aux élections de novembre 1933 il est élu député aux Cortès. Ses interventions parlementaires sont peu nombreuses, car il ne croit guère à leur efficacité. Il y fait pourtant entendre sa doctrine chaque jour mieux assise et plus étudiée, à propos des débats sur les grands problèmes nationaux : armée, régionalisme, question agraire, politique extérieure. Le Parlement écoute ce jeune député avec admiration et respect, bien que tous les partis de la majorité et de l'opposition lui soient hostiles. Le mandat de député lui permet surtout d'etendre le rayon d'action de Phalange et d'autres jeunes le secondent dans cette tàche, tels Ruiz de Alda, Onésimo Redondo et Rafael Sanchez Mazas, les deux premiers rapidement victimes des marxistes, tandis que le troisième était, il y a encore peu de temps, en prison à Madrid, mais on ignore quel a bien pu être son sort final.

Aux élections fatidiques de février 1936, les Droites excluent ce gêneur de José-Antonio de leurs listes, oubliant ainsi les réels services prêtés par lui à l'Espagne. Sans s'en rendre compte les Droite se condamnaient elles-mêmes par ce fait à l'échec et le vouaient à la persécution qui devait lui coûter la vie. En effet, dès l'accès au pouvoir du Front Populaire, José-Antonio Primo de Rivera est arrêté, embastillé à la prison modèle de Madrid, puis transféré à la forteresse d'Alicante, où les dépêches d'agences déclarent qu'il vient d'être fusillé après un simulacre de jugement.

Ceux qui l'ont connu garderont toujours dans leur coeur sa belle figure à la noble prestance. Le nez droit, les sourcils bien arqués, de grands yeux au regard profond et compréhensif, le front large, de son être entier émanait une «aura» irrésistible pour celui à qui il adressait sa parole nerveuse.

Je revois encore sa silhouette romaine et dominatrice qui se détache comme d'un haut relief de l'époque impériale.

Si l'existence de José-Antonio Primo de Rivera avait pu s'épanouir pleinement, sa doctrine se serait sans doute adaptée au contact des réalités quotidiennes, et l'Espagne aurait enfin trouvé en ce jeune chef le grand ouvrier qu'elle attend pour la rebâtir de fond en comble.

Implacable fatalité que celle de ce pays contraint de sacrifier la fleur de sa jeunesse pour terrasser le marxisme rouge, et pourtant la victoire de l'Espagne est certaine et indispensable à l'Occident. L'oeuvre de José-Antonio Primo de Rivera lui survivra et contribuera puissamment à ce renouveau. Les échos du peloton d'exécution qui vient de trancher cette vie qui promettait davantage encore, souligneront la barbarie des rouges et la grandeur durable d'une existence précieuse vouée à l'holocauste pour que l'Espagne impériale revive plus belle.

Edouardo Aunos Perez

(Revue Frontières, 10 décembre 1937).

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