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Samedi, 28 Février 2009
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Les grandes interviews du siècle : Adolf Hitler
Bertrand de Jouvenel
Histoire :: Allemagne
Les grandes interviews du siècle : Adolf Hitler
Reproduction de l’article publié dans L’Evénement Du Jeudi (EDJ) du 14 au 20 août 1997, pp. 72-75., cet article étant lui-même une reproduction partielle de l’interview de Hitler en février 1936, parue dans le journal français Paris-Midi.

[L’Evénement Du Jeudi (EDJ), fondé par Jean-François Kahn en 1984, déposa le bilan en octobre 1994 et fut repris par le groupe Lagardère ; c’est G.M. Benamou qui en devint le directeur. J.F. Kahn en reprit le contrôle en 1999, mais le journal cessa bientôt sa parution.]

LES GRANDES INTERVIEWS DU SIECLE

1936 ADOLF HITLER

Par Bertrand de Jouvenel

[photos de Jouvenel (en médaillon) et de Hitler, avec la légende :]

Avant d’adhérer au Parti populaire français de Doriot, le baron Bertrand de Jouvenel des Ursins (1903-1987) succomba en 1936 au charme « d’un homme simple, qui parle doucement, avec humour » : Hitler.

Quand le chef nazi fascinait la presse française

Fils d’Henri de Jouvenel, directeur du Matin, neveu de Robert de Jouvenel, directeur de l’Œuvre, et frère de Renaud de Jouvenel, compagnon de route du PCF et stalinolâtre émérite, Bertrand de Jouvenel (1903-1987) est l’une des figures de la « droite révolutionnaire » des années 1930, à la recherche d’une troisième voie entre Moscou et Washington. Une troisième voie dont les adeptes finirent par confirmer tristement l’adage selon lequel tous les chemins mènent à Rome… et à Berlin. Dès 1936, en effet, Bertrand de Jouvenel faisait preuve soit – pour les plus indulgents – d’un trop grand optimisme, soit – pour les plus sévères – d’une complaisance insigne en publiant dans le Paris-Midi du 26 février 1936 une interview d’Adolf Hitler dans laquelle il ne faisait pas mystère de ses sympathies pour le chancelier du Reich, qu’il salua en levant le bras ! Dans cette interview, Hitler se montre très favorable à un rapprochement avec Paris. L’affirmation n’avait rien d’innocent et visait à endormir la méfiance française. Car, sept jours après la parution de cette interview, le leader nazi envoyait la Wehrmacht réoccuper la Rhénanie démilitarisée. Certes, le président du Conseil français, Albert Sarraut, déclarait alors : « Je ne tolérerai pas que Strasbourg soit sous le feu des canons allemands ». Mais les Alliés, au grand étonnement des nazis qui estimaient qu’ils n’auraient pas été en mesure de résister à une action militaire conjointe franco-britannique, entérinèrent de facto cette décision, prélude à l’escalade des revendications territoriales de Hitler. A ce titre, cette interview constitue un remarquable exemple des techniques de désinformations des régimes totalitaires.

Patrice Piquard.

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La pièce devant moi est immense. Au loin, Adolf Hitler est assis derrière son bureau. Je me souviens du bureau de Mussolini au palais de Venise, et je me dis : ces dictateurs sont tous les mêmes ! Ils vous font parcourir vingt-cinq mètres de tapis sous leur regard, pour vous déconcerter d’entrée ! Mais l’homme en veste kaki s’est levé et, tandis que j’avance lentement, il lève la main dans le salut hitlérien, et machinalement j’en fais autant. Puis il me serre la main, me désigne un fauteuil, s’assied dans un autre tout près. J’observe qu’il ne me place pas de façon que j’aie la lumière dans les yeux. C’est lui, au contraire, qui la reçoit en plein visage. Il me sourit pour m’encourager à poser ma première question et je reste coi. L’homme est si différent de ce que j’imaginais ! Il y a dans le visage de Mussolini une qualité qui se retrouve dans celui du colonel de La Rocque, ou de Largo Caballero, le chef socialiste espagnol, quelque chose de tendu dans le visage, qui lui donne une consistance de pierre, qui en fait un véritable masque sculpté. Cette expression de volonté allant jusqu’à la crispation, à la pétrification des muscles du visage, manque tout à fait chez Adolf Hitler. La peau, rose, est celle d’un homme de sport et de grand air. La figure, sans rides, ne donne pas une impression de fatigue ni d’effort. Le coin des yeux est lisse, les joues sont pleines, l’impression que l’on reçoit est celle d’un être heureux. Il me faut réviser toutes les idées que je me faisais sur le dictateur.

Adolf Hitler : Oui, je sais ce que vous pensez. Vous vous dites : « Hitler nous a fait des déclarations pacifiques, mais est-il de bonne foi ? Est-il sincère ? ». N’est-ce pas un point de vue puéril que le vôtre ? Est-ce qu’au lieu de vous livrer à des devinettes psychologiques vous ne feriez pas mieux de raisonner en usant de cette fameuse logique, à laquelle les Français se déclarent si attachés ? N’est-il pas évidemment à l’avantage de nos deux pays d’entretenir de bons rapports ?

Je le regarde plus que je ne l’écoute. Il a les coudes posés sur les genoux, et il presse l’une contre l’autre des mains qui sont blanches, longues, un peu grasses et belles. Ses jambes sont écartées, et je remarque qu’il a les pieds très petits et porte assez bizarrement des escarpins vernis. Je m’arrache à cette inspection trop minutieuse, mes yeux remontent au visage. Justement, le chancelier est en train de dire :

A.H. : Voyez ! Réfléchissez ! Rendez-vous compte de ce qui est logique !

Il sourit, hausse les épaules, fait un geste des mains, qu’on dirait volontiers « caractéristiquement latin », et je m’ébahis : quoi, cet homme si simple, qui parle doucement, raisonnablement, gentiment, avec humour, est-ce là ce redoutable meneurs de foules qui a soulevé l’enthousiasme forcené de toute la nation allemande et en qui le monde entier a cru voir un jour une menace de guerre ? Comme s’il devinait ma pensée, il reprend :

A.H. : Chez vous, on m’imagine tout autre que je ne suis, parce qu’on voit bien que je suis parti de rien pour devenir le maître de l’Allemagne, et que c’est une destinée étonnante, et qu’on croit devoir y trouver des causes extraordinaires. Les uns disent que c’est par violence que je suis devenu le chef de la nation allemande, mais vous savez, les quelques camarades que nous étions au début auraient eu fort à faire pour s’emparer par la violence d’une nation de 65 millions d’habitants !

Il rit franchement. Son visage s’approche du mien. Je ne me sens plus du tout intimidé. Je ris aussi. Je regarde les traits tout proches, les lèvres qui font un sourire drôle et gai… Je me dis : est-ce que c’est l’homme qui a poursuivi de mesures si draconiennes les ennemis de son régime ? Le Führer poursuit :

A.H. : On dit aussi que j’ai dû mon succès à ce que j’ai créé une mystique… ou bien simplement que j’ai été servi par le hasard. Eh bien, je vais vous dire ce qui m’a porté là où je suis !

Brusquement l’expression change. Les mains se crispent chacune sur un genou.

A.H. : Les problèmes politiques apparaissent compliqués. Le peuple allemand n’y comprenait rien. Il aimait mieux, dans ces conditions, laisser aux politiciens de profession le soin de se débrouiller dans ces complications. Moi, j’ai décompliqué les problèmes. Je les ai réduits en termes simples. Les grandes masses ont compris. Et elles m’ont suivi ! Ainsi la lutte des classes, cette fameuse lutte des classes !...

La voix se gonfle subitement, le visage devient livide comme si tout le sang affluait au larynx. Je reconnais les tons souvent écoutés à la radio. Le regard de Hitler n’est plus posé sur moi. Il va tout droit au loin. Les deux poings se ferment et scandent lentement le débit prompt des phrases violemment prononcées.

A.H. : C’est une absurdité, la lutte des classes, et j’en ai dénoncé l’absurdité, et le peuple m’a compris ! J’ai fait un appel à la raison. Il a été entendu par le peuple allemand ! Maintenant, je veux montrer à mon peuple que la notion d’inimitié éternelle entre la France et l’Allemagne est absurde, que nous ne sommes nullement des ennemis héréditaires…

Bertrand de Jouvenel : Mais, nous autres Français, si nous lisons avec satisfaction vos déclarations pacifiques, nous n’en restons pas moins inquiets d’autres indices moins encourageants. Ainsi, dans vos Mémoires intitulés Mein Kampf, « Mon combat », vous disiez pis que pendre de la France. Or le livre est regardé à travers toute l’Allemagne comme une sorte de bible politique. Et il circule, sans que, dans les éditions qui se succèdent, vous ayez apporté la moindre correction d’auteur à ce que vous disiez de la France.

Les yeux regardent au-dessus de moi, les lèvres font une moue qui m’inquiète. Hitler, d’un mouvement soudain, met sa main sur mon bras.

A.H. : J’étais en prison quand j’ai écrit ce livre. Les troupes françaises occupaient la Ruhr. C’était le moment de la plus grande tension entre nos deux pays. Oui, nous étions ennemis ! Et j’étais avec mon pays, comme il sied, contre le vôtre. Comme j’ai été avec mon pays contre le vôtre durant quatre ans et demi dans les tranchées ! Je me mépriserais si je n’étais pas avant tout allemand quand vient le conflit. Mais aujourd’hui, il n’y a plus de raison de conflit. Vous voulez que je fasse des corrections dans mon livre, comme un écrivain qui prépare une nouvelle édition de ses œuvres ! Mais je ne suis pas un écrivain, je suis un homme politique. Ma rectification ? Je l’apporte tous les jours dans ma politique extérieure toute tendue vers l’amitié avec la France !

Le ton s’élève encore.

A.H. : Si je réussis le rapprochement franco-allemand comme je le veux, ça, ce sera une rectification digne de moi ! Ma rectification, je l’écrirai dans le grand livre de l’Histoire… Ecoutez, vous comprenez la nécessité logique d’une bonne entente entre les deux nations voisines ? Vous vous rendez bien compte qu’il y a là quelque chose de raisonnable et d’humain que nous devons à tout prix réussir ? Eh bien, il faut que nous fassions dans les deux opinions publiques le travail nécessaire pour que l’entente se réalise et se maintienne, quels que soient les dirigeants qui se succèdent à la tête des deux pays.

La formule me fait sursauter. Les dictateurs n’aiment pas à parler de leurs successeurs possibles. Hitler sourit :

A.H. : Sait-on combien de temps on vit ?

Il lève légèrement les yeux, sans nulle ostentation. Mais j’ai le sentiment qu’il fait un bref petit appel à la providence. Son regard s’abaisse à nouveau sur les jacinthes bleues qui, dans un simple panier, sont posées sur la table. Je profite de son silence pour regarder autour de moi. Je vois, sur son grand bureau moderne de bois luisant, une assiette d’arums. La baie donne sur des toits et des jardins. Au mur, je reconnais un portrait de Jeanne d’Aragon par Raphaël. On a le sentiment qu’il s’est entouré d’objets qui lui soient agréables… La voix du Führer m’arrache à mes réflexions :

A.H. : Plus de questions ?

B. de J. : Il en est une que je voudrais bien poser. Mais elle est si grave que j’hésite. Vous désirez le rapprochement franco-allemand. Est-ce que le pacte franco-soviétique ne va pas compromettre ce rapprochement ?

A.H. : Mes efforts personnels vers un tel rapprochement subsisteront toujours. Cependant, dans le domaine des faits, ce pacte plus que déplorable créerait naturellement une nouvelle situation.

Il se tourne vers moi avec un mouvement brusque.

A.H. : Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous faites ? Vous vous laissez entraîner dans le jeu diplomatique d’une puissance qui ne désire que mettre dans les grandes nations européennes un désordre dont elle sera le bénéficiaire. Il ne faut pas perdre de vue le fait que la Russie soviétique est un élément politique ayant à sa disposition une idée révolutionnaire explosive et des armements gigantesques. Comme Allemand, j’ai bien le devoir de tenir compte d’une telle situation. Le bolchevisme n’a pas de chances de réussir chez nous. Mais il y a d’autres grandes nations qui sont moins prémunies que nous contre le virus bolcheviste…

Après cette allusion directe à des ingérences possibles de l’Urss dans la politique intérieure de la France, Adolf Hitler revient à son thème favori, l’entente franco-allemande.

A.H. : Vous feriez bien de réfléchir sérieusement à mes offres d’entente. Jamais un dirigeant allemand ne vous a fait de telles ouvertures, ni de si répétées. Et ces offres émanent de qui donc ? D’un charlatan pacifiste qui s’est fait une spécialité des relations internationales ? Non, du plus grand nationaliste que l’Allemagne ait jamais eu à sa tête ! Moi, je vous apporte ce que nul autre n’aurait pu vous apporter : une entente qui sera approuvée par 90% de la nation allemande, les 90% qui me suivent ! Je vous prie de prendre garde à ceci : il y a dans la vie des peuples des occasions décisives. Aujourd’hui, la France peut, si elle le veut, mettre fin à tout jamais à ce « péril allemand » que vos enfants, de génération en génération, apprennent à redouter. Vous pouvez lever l’hypothèque redoutable qui pèse sur l’histoire de France…

Le chancelier se lève. Son regard cherche le mien. Son visage me paraît tout autre maintenant qu’au début de l’entretien. Il a quelque chose d’anxieux et de passionné. Je songe soudain que cet homme simple s’est fixé des tâches gigantesques : changer toute la mentalité du peuple allemand, et du peuple prussien en particulier, mettre fin à la vieille haine franco-allemande, faire obstacle à l’évolution historique vers le socialisme qu’il y a quelques années tout le monde s’accordait à juger inévitable. Quelle place l’Histoire fera-t-elle à cet homme dont on parlait si légèrement il y a encore cinq ans ?

[photo : reproduction de la première page du journal Paris-Midi, avec la légende :]

En « une » du quotidien Paris-Midi du 26 février 1936, l’interview « sensationnelle » du chancelier du Reich. Avec en exergue une phrase de Hitler, « Soyons amis », et un intertitre vantant la « bonhomie nazie ».

Commentaire :

Sur la photo (reproduction de la première page du journal), on ne distingue pas très clairement la date de l’édition. La légende de la photo suggère que la date est celle du « vendredi 26 février 1936 », mais on ne voit pas clairement s’il s’agit du chiffre 26 ou du 28. Cependant, un autre article, juste à coté, porte comme entête : « Après la ratification du pacte franco-soviétique – Trois ministres… sont entendus cet après-midi par la Commission des Finances… » ; et quelques lignes au-dessous : « Le pacte franco-soviétique ayant été ratifié hier à la Chambre… ». Et en bas de page, un autre article encore commence par : « Le pacte soviétique a donc été ratifié hier par la Chambre… ». Enfin, sur la droite de la page, dans un article consacré au coup d’Etat manqué au Japon, on peut distinguer la date du 28 février.

Une autre indication est le jour indiqué (vendredi) en haut de page. Dans les calendriers de l’année 1936, on peut facilement vérifier qu’il s’agit bien du 28 et non du 26.

La date du 26 février, indiquée à deux reprises par L’Evénement Du Jeudi (sans parler d’une note introductive plus que tendancieuse), est donc fausse.

Dans son Histoire de l’armée allemande (2e partie, XIV), Benoist-Méchin donne bien la date du 28 (cité à la page 801 de l’édition de Robert Laffont, 1984). Dans l’excellent livre d’Alastair Hamilton, L’illusion fasciste (Gallimard 1973), c’est aussi la date du 28 qui est donnée.

La date correcte est également donnée sur le site du « Réseau Voltaire » : www.voltairenet.org/article15364.html

Ainsi que par ce site anglo-saxon (entre autres) :
http://worldatwar.net/nations/france/timeline18-39.html

Dans sa biographie de Doriot (collection « Qui suis-je ? », Pardès, 2008), Jean-Claude Valla donne la date exacte (le 28) mais fait une erreur en écrivant : « Refusé par Paris-Soir, le texte de l’entretien paraîtra dans Le Matin du 28 février » (p. 43). Bernard Plouvier, dans sa récente biographie d’Hitler (Hitler, une biographie médicale et politique, volume 3, p. 232), fait une erreur minime en donnant la date du 29.

Concernant le texte de l’interview, certaines différences apparaissent entre le texte republié par L’événement Du Jeudi en 1997 et les passages cités par Benoist-Méchin (op. cité). Le texte republié en 1997 n’est pas le texte intégral.

Paris-Midi n’était en réalité qu’une autre édition du journal Paris-Soir (fondé en 1923 et racheté en 1930 par Jean Prouvost ; le journal cessera de paraître en 1944).

Bertrand de Jouvenel (lui-même fils d’un député radical) avait quitté le parti radical en février 1934. Il milita pour le rapprochement franco-allemand et devint l’ami d’Otto Abetz (futur ambassadeur du IIIe Reich en France). Au printemps 1936, il se présenta sans succès sur les listes du Front Populaire. Quelques mois plus tard, il adhéra au PPF (Parti Populaire Français, fondé les 27-28 juin 1936) de Doriot, et devint le rédacteur en chef du journal du PPF, L’Emancipation Nationale. Jouvenel siégea au bureau politique du PPF en 1936-37. Cependant, déçu par l’attitude de Doriot durant la crise de Munich, il quitta le parti en janvier 1939, en même temps que plusieurs autres figures connues (Drieu, Pucheu, etc.).

L’interview fut réalisée le 21 février 1936, après le début des débats à la Chambre concernant la ratification du pacte franco-soviétique. Dans cette interview, Hitler, visant à influer sur le vote des députés français concernant le pacte précité, proposait une réconciliation et une entente franco-allemandes et attirait l’attention sur le danger soviétique (« Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous faites ? »). Mais les députés français n’en auront pas connaissance ; la publication de l’interview fut retardée pendant sept jours par les services de presse des Affaires Etrangères françaises : elle parut seulement le 28, c’est-à-dire le lendemain de la ratification. Comme le remarque Benoist-Méchin, les propositions de Hitler, publiées après la ratification du Pacte, devenaient presque incompréhensibles pour le public et pouvaient même passer pour un geste de faiblesse de la part du dirigeant allemand. Hitler, fou de rage, déclara à François-Poncet (ambassadeur de France à Berlin) : « On a retardé la publication de l’article, pour tromper les Français sur mes véritables intentions ! (…) Une France qui est devenue l’alliée du Kremlin n’est plus la France à laquelle je me suis adressé il y a une semaine. Vous recevrez ma réponse avant peu ! ». Cette réponse sera foudroyante : ce sera la remilitarisation de la Rhénanie, le 7 mars. B. de Jouvenel tint une conférence de presse le 14 mars, pour se justifier face à la controverse.

Le pacte franco-soviétique avait été signé à Paris, le 2 mai 1935. Pierre Laval, qui l’avait signé en tant que ministre des Affaires Etrangères, se rendit ensuite à Moscou pour rencontrer Staline. Les discussions concernant le Pacte commencèrent à la Chambre des députés le 12 février 1936 et se poursuivirent les jours suivants. Le vote des députés eut lieu le 27 février 1936, et le Pacte fut approuvé par 353 voix contre 164 (plus une soixantaine d’abstentions). Jacques Doriot (dirigeant du PPF) vota contre la ratification, faisant un discours qui fut applaudi par de nombreux députés de droite.

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Texte donné par Benoist-Méchin (dans Histoire de l’armée allemande) :

Le 21 février, Hitler tente un ultime effort pour dissuader la France de ratifier le Pacte. Il s’adresse directement à l’opinion française, dans une entrevue accordée à M. Bertrand de Jouvenel :

– Je sais ce que vous pensez, dit-il à son interlocuteur français. Vous vous dites : « Hitler nous a fait des déclarations pacifiques, mais est-il de bonne foi ? Est-il sincère ? ».

« N’est-ce pas un point de vue puéril que le vôtre ? Est-ce qu’au lieu de vous livrer à des devinettes psychologiques vous ne feriez pas mieux de raisonner en usant de cette fameuse logique, à laquelle les Français se déclarent si attachés ? N’est-il pas évidemment à l’avantage de nos deux pays d’entretenir de bons rapports ? Ne serait-il pas ruineux pour eux de s’entrechoquer sur de nouveaux champs de bataille ? N’est-il pas logique que je veuille ce qui est le plus avantageux à mon pays, et ce qui est le plus avantageux, n’est-ce pas évidemment la paix ?

« Chez vous, on m’imagine tout autre que je ne suis, parce qu’on voit bien que je suis parti de rien pour devenir le maître de l’Allemagne et que c’est une destinée étonnante et qu’on croit y trouver des causes extraordinaires. Les uns disent que c’est par violence que je suis devenu le chef de la nation allemande, mais, vous savez, les quelques camarades que nous étions au début auraient eu fort à faire pour s’emparer par la violence d’une nation de soixante-cinq millions d’habitants !

« On dit aussi que j’ai dû mon succès à ce que j’ai créé une mystique… ou bien simplement que j’ai été servi par le hasard. Eh bien, je vais vous dire ce qui m’a porté là où je suis !

« Les problèmes politiques apparaissent compliqués. Le peuple allemand n’y comprenait rien… Moi, j’ai décompliqué les problèmes. Je les ai réduits en termes simples. Les grandes masses ont compris. Et elles m’ont suivi !... Aujourd’hui, je veux démontrer à mon peuple que la notion d’inimitié éternelle entre la France et l’Allemagne est absurde, que nous ne sommes nullement des ennemis héréditaires. Le peuple allemand le comprend. Il m’a suivi dans une réconciliation infiniment plus difficile, la réconciliation de l’Allemagne avec la Pologne.

« Chez vous, on a interprété l’accord entre l’Allemagne et la Pologne comme un acte de virtuosité diplomatique de ma part. C’est un compliment, mais qui ne me fait pas plaisir et qui n’est pas mérité. Simplement, la tension entre l’Allemagne et la Pologne ne pouvait pas durer. Elle était malsaine, énervante. Il était logique que je cherche à y mettre fin. J’y ai réussi. Et tout le peuple allemand s’en est senti soulagé. Et maintenant, je veux réussir la même détente avec la France. Il n’est pas bon que les peuples usent leurs forces psychologiques en haines infécondes… »

A ce moment, Bertrand de Jouvenel l’interrompt pour lui dire :

– Nous autres Français, si nous lisons avec satisfaction vos déclarations pacifiques, nous n’en restons pas moins inquiets devant d’autres indices moins encourageants. Ainsi, dans Mein Kampf, vous disiez pis que pendre de la France. Or, ce livre est regardé à travers toute l’Allemagne comme une sorte de Bible politique. Et il circule, sans que, dans les éditions qui se succèdent, vous ayez apporté la moindre correction d’auteur à ce que vous disiez de la France…

Hitler fait la moue, porte la main sur le bras de son interlocuteur, et répond :

– J’étais en prison quand j’ai écrit ce livre. Les troupes françaises occupaient la Ruhr. C’était le moment de la plus grande tension entre nos deux pays. Oui, nous étions ennemis ! Et j’étais avec mon pays, comme il sied, contre le vôtre. Comme j’ai été avec mon pays contre le vôtre durant quatre ans et demi dans les tranchées ! Je me mépriserais si je n’étais pas avant tout Allemand, quand vient le conflit… Mais aujourd’hui il n’y a plus de raison de conflit. Vous voulez que je fasse des corrections dans mon livre, comme un écrivain qui prépare une nouvelle édition de ses œuvres ? Mais je ne suis pas un écrivain, je suis un homme politique. Ma rectification ? Je l’apporte tous les jours dans ma politique extérieure, toute tendue vers l’amitié avec la France !

« Si je réussis le rapprochement franco-allemand comme je le veux, ça, ce sera une rectification digne de moi ! Ma rectification, je l’écrirai dans le grand livre de l’Histoire ! »

Bertrand de Jouvenel lui pose alors cette question :

– Vous désirez le rapprochement franco-allemand. Est-ce que le pacte franco-soviétique ne va pas le compromettre ?

Le visage d’Hitler devient grave. Les deux interlocuteurs sont arrivés au cœur du sujet.

– Mes efforts personnels vers un tel rapprochement subsisteront toujours. Cependant, dans le domaine des faits, ce pacte plus que déplorable créerait naturellement une situation nouvelle…

Un moment de silence. Puis, il enchaîne, d’une voix plus forte :

– Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous faites ? Vous vous laissez entraîner dans le jeu diplomatique d’une puissance qui ne désire que mettre dans les grandes nations européennes un désordre dont elle sera la bénéficiaire. Il ne faut pas perdre de vue le fait que la Russie soviétique est un élément politique ayant à sa disposition une idée révolutionnaire explosive et des armements gigantesques. Comme Allemand, j’ai bien le devoir de tenir compte d’une telle situation. Le bolchevisme n’a pas de chances de réussir chez nous. Mais il y a d’autres grandes nations qui sont moins prémunies que nous contre le virus bolcheviste…

« Vous feriez bien de réfléchir sérieusement à mes offres d’entente. Jamais un dirigeant allemand ne vous a fait de telles ouvertures, ni de si répétées. Et ces offres émanent de qui ? D’un charlatan pacifiste qui s’est fait une spécialité des relations internationales ? Non pas, mais du plus grand nationaliste que l’Allemagne ait jamais eu à sa tête ! Moi, je vous apporte ce que nul autre n’aurait pu vous apporter : une entente qui sera approuvée par 90% de la nation allemande, les 90% qui me suivent ! Je vous prie de prendre garde à ceci :

« Il y a dans la vie des peuples des occasions décisives. Aujourd’hui, la France peut, si elle le veut, mettre fin à tout jamais à ce « péril allemand » que vos enfants, de génération en génération, apprennent à redouter. Vous pouvez lever l’hypothèque redoutable qui pèse sur l’histoire de France. Cette chance vous est donnée, à vous. Si vous ne la saisissez point, songez à votre responsabilité vis-à-vis de vos enfants. Vous avez devant vous une Allemagne dont les neuf dixièmes font pleinement confiance à leur chef, et ce chef vous dit : « Soyons amis ! »

En formulant ces propositions, Hitler est-il sincère ? Il n’y a aucune raison sérieuse d’en douter. Eprouve-t-il de l’amitié pour la France ? Cette question, en revanche, est dénuée de sens. Hitler n’aime que l’Allemagne, ou plus exactement la conception qu’il s’en fait. Quant à la France, il la considère comme un pays versatile et corrompu, dont les dirigeants n’ont qu’une idée : maintenir son pays à terre en le ligotant dans les liens d’un traité inique. (…)

Ecraser le communisme est un des axiomes fondamentaux de son credo politique. Hitler pressent donc qu’il aura, tôt ou tard, maille à partir avec la Russie. De plus, il est invinciblement attiré par les espaces immenses de l’est européen. C’est là qu’est l’avenir de la nation germanique. Or, il ne veut à aucun prix qu’en signant un pacte avec la Russie, la France lui en interdise l’accès, en l’obligeant à combattre sur deux fronts à la fois, le jour où il voudra atteindre ses objectifs essentiels. Aussi est-il prêt à prendre tous les engagements possibles à l’ouest, mais à une condition formelle : qu’on lui laisse les mains libres à l’est.

Il estime enfin que ses propositions sont de nature à frapper l’esprit des Français et, surtout, à faire réfléchir les membres du Parlement, déjà divisés sur la question soviétique. Il pense que son interview, survenant à ce moment précis, pourrait faire pencher la balance en faveur de la non-ratification du Pacte. Mais les députés n’en auront pas connaissance en temps opportun, car la publication de l’interview sera retardée de sept jours – et le public n’en sera informé que lorsqu’il sera trop tard. (…)

Les propositions d’Hitler ne sont portées à la connaissance du public français que le lendemain de sa ratification.

Lorsque les lecteurs lisent l’interview du Chancelier dans le numéro de Paris-Midi du 28 février, ils ne peuvent réprimer un mouvement de surprise. Survenant postérieurement à la ratification du Pacte, les propositions d’Hitler prennent une tout autre résonance. On en vient à se demander si ce n’est pas la signature du Pacte qui a amené Hitler à composition, et l’a incité à formuler des offres aussi amicales. Mais alors, comme on a eu raison de ratifier le Traité, puisqu’il vaut à la France, tout à la fois, la garantie de Moscou et des avances de Berlin ! (…)

Pendant deux jours et deux nuits Hitler s’enferme dans son bureau et travaille sans répit. Puis, après avoir longuement pesé le pour et le contre, il décide de jouer son va-tout.

Le 6 mars, il réunit ses collaborateurs les plus proches et leur fait part de sa décision : répondre à la ratification du Pacte franco-soviétique par la remilitarisation de la Rhénanie.

(Extrait de J. Benoist-Méchin, Histoire de l’armée allemande, 2e partie, XIV ; cité à la page 801 de l’édition de Robert Laffont, 1984).



Le 7 mars, les premiers détachements allemands entrèrent en Rhénanie et Hitler s’adressa au Reichstag :

« Aux offres amicales et aux assurances pacifiques que l’Allemagne n’a cessé de lui réitérer, la France a répondu par une alliance militaire avec l’Union soviétique, qui est exclusivement dirigée contre l’Allemagne et qui constitue une violation du Pacte rhénan. Dès lors le traité de Locarno a perdu toute signification et a pratiquement cessé d’exister. Le gouvernement allemand ne se considère plus lié à ce Pacte caduc. Il se voit désormais contraint de faire face à la nouvelle situation créée par cette alliance, situation qui se trouve encore aggravée par le fait que le traité franco-soviétique est assorti d’un traité d’alliance parallèle entre la Tchécoslovaquie et l’URSS. En vertu du droit inaliénable que possède chaque peuple de garantir ses frontières et de sauvegarder ses moyens de défense, le gouvernement allemand a rétabli, à la date de ce jour, la pleine et entière souveraineté du Reich sur la zone rhénane démilitarisée. »

L’émotion fut grande en France, mais ses (faibles) velléités de réaction militaire furent découragées par l’Angleterre. La position anglaise fut bien résumée par Lord Lothian : « Après tout, les Allemands ne font que récupérer l’arrière-cour de leur maison ».

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[Début du texte d’origine, visible sur la photocopie de l’article de 1936 :]

UNE INTERVIEW SENSATIONNELLE DU FÜHRER

Le Chancelier HITLER nous dit :

« Vous avez devant vous une Allemagne dont les neuf dixièmes font pleine confiance à leur chef. Et ce chef vous dit : SOYONS AMIS. »

« Oui, je sais ce que vous pensez. Vous vous dites : « Hitler nous a fait des déclarations pacifiques, mais est-il de bonne foi ? Est-il sincère ? » Voyons ! Réfléchissez. Ne serait-il pas ruineux pour nos deux pays de s’entrechoquer sur de nouveaux champs de bataille ?

« Vous voulez que je fasse une rectification à « Mein Kampf », comme un écrivain qui prépare une seconde édition. Si je réussis le rapprochement franco-allemand comme je le veux, ce sera une rectification digne de moi. Ma rectification, je l’écrirai dans le grand livre de l’Histoire. »

(Interview recueillie par Bertrand de JOUVENEL)


L’interview du Chancelier Hitler, que publie Paris-Midi, constitue un éloquent appel au rapprochement franco-allemand. Ce n’est pas la première fois que le Führer affirme qu’il désire la paix avec la France. Jamais, toutefois, il n’avait mis dans son appel autant de netteté, d’instance et d’insistance qu’aujourd’hui.

L’interview donnée par le Führer à notre collaborateur Bertrand de Jouvenel, se présente donc comme un important document que nous versons au dossier des relations franco-allemandes. La politique qui s’y exprime ne nous oblige à répudier aucun des pactes par lesquels la France a voulu, au cours de ces années difficiles, créer une sorte de réseau diplomatique de la paix. Ces paroles du Führer suffiront-elles d’autre part à dissiper toutes les inquiétudes qui ont surgi entre Paris et Berlin, dans un passé encore tout récent ?

C’est à l’opinion qu’il appartient de répondre.

****

Je me penche à ma fenêtre, sur la petite place tapissée de neige fraîche. En face de moi, voici une maison neuve, basse, de dimensions modestes. Sur elle flotte un drapeau, à peine plus grand qu’un fanion. Devant elle, pas de factionnaire. C’est là qu’habite et que travaille le maître de l’Allemagne.

La maison porte à son entresol un balcon étroit sur lequel Adolf Hitler paraît, les jours de fête. J’observe que les bouquets d’arbustes de la place sont, au coin le plus proche du balcon, foulés aux pieds, vestiges d’un récent enthousiasme populaire.

Tout à l’heure, j’entrerai dans cette maison. Qu’est-ce que je viens y faire ? M’entendre dire par le führer qu’il désire la paix avec la France ? Il l’a déjà dit. L’important, pour nous, est de savoir si nous pouvons nous y fier ! J’ai le sentiment que lorsque je me trouverai devant le chancelier, je me rendrai compte s’il est sincère ou non.

Les questions que je viens lui poser ne sont qu’un prétexte. Je veux l’observer durant qu’il répondra, surprendre les mouvements de visage qui révèlent qu’on cherche le mot à effet. Je sais que je le verrai assez longuement pour me faire une opinion sur le caractère de l’homme.

Formalisme prussien et bonhomie nazie

En attendant l’heure du rendez-vous, je vais déjeuner. Me voici installé à une table de réfectoire en bois blanc. A mes cotés, des jeunes hommes, des jeunes filles, qui plaisantent et rient. Je suis à la cantine de la Maison du Parti : dactylos, garçons de bureau et hauts dignitaires du Parti sont attablés dans une familiarité qui m’ahurit.

– Ce n’est rien, dit mon compagnon. Aux cérémonies nationales du Premier Mai vous auriez pu voir défiler toute la corporation de la Magistrature et vous auriez pensé que celui qui venait en tête était le plus haut magistrat du pays. En fait, c’était celui des membres de la Corporation qui avait le plus d’années de service dans le Parti : il se trouvait que c’était le concierge du Palais de Justice. Dans notre régime, il ne reste pas grand’ chose de l’ancienne raideur de caste. Parce que nous levons le bras pour saluer, vous imaginez que nous subissons une discipline de fer, que nous sommes des marionnettes militaires.

Il sourit :

– Attendez un peu de voir notre Führer, et vous aurez une rude surprise !

Une sonnerie retentit. Le Chancelier est prêt à me recevoir.

Je n’ai qu’une rue à traverser, et je profite de ce répit pour demander à l’interprète, fiévreusement :

– Comment dois-je appeler Hitler ?

Il hausse les épaules :

– Nous disons « Mein Führer… », « mon chef », mais vous, dites « Excellence » si cela vous fait plaisir. Ou ne dites rien du tout. Il ne s’en apercevra pas.

Une porte s’ouvre. Je passe le premier, un peu ému. De l’homme que je vais voir dépend la paix ou la guerre. Si, tout en parlant de paix, il veut réellement la guerre, combien de jeunes hommes seront un jour couchés sur un champ de bataille ?...

Adolf Hitler, soldat de deuxième classe et dictateur

La pièce devant moi est immense. Au loin, Adolf Hitler est assis derrière son bureau. Je me souviens du bureau de Mussolini au palais de Venise, et je me dis :

– Ces dictateurs sont tous les mêmes ! Ils vous font parcourir vingt-cinq mètres de tapis sous leur regard, pour vous déconcerter d’entrée !

Mais l’homme en veste kaki s’est levé et, tandis que j’avance lentement, lui, d’un pas plus vif, fait la moitié du chemin. Il lève la main dans le salut hitlérien, et machinalement j’en fais autant. Puis il me serre la main, me désigne un fauteuil, s’assied dans un autre tout près. J’observe qu’il ne me place pas de façon que j’aie la lumière dans les yeux. C’est lui, au contraire, qui la reçoit en plein visage. Il me sourit pour m’encourager à poser ma première question et je reste coi. L’homme est si différent de ce que j’imaginais !

Il y a dans le visage de Mussolini une qualité qui se retrouve dans celui du colonel de La Rocque, ou de Largo Caballero, le chef socialiste espagnol, quelque chose de tendu dans le visage, qui lui donne une consistance de pierre, qui en fait un véritable masque sculpté. Cette expression de volonté allant jusqu’à la crispation, à la pétrification des muscles du visage, manque tout à fait chez Adolf Hitler.

La peau, rose, est celle d’un homme de sport et de grand air. La figure, sans rides, ne donne pas une impression de fatigue ni d’effort. Le coin des yeux est lisse, les joues sont pleines, l’impression que l’on reçoit est celle d’un être heureux. Il me faut réviser toutes les idées que je me faisais sur le dictateur.

Il se met à parler :

– Oui, je sais ce que vous pensez. Vous vous dites : « Hitler nous a fait des déclarations pacifiques, mais est-il de bonne foi ? Est-il sincère ? ». N’est-ce pas un point de vue puéril que le vôtre ? Est-ce qu’au lieu de vous livrer à des devinettes psychologiques vous ne feriez pas mieux de raisonner en usant de cette fameuse logique, à laquelle les Français se déclarent si attachés ? N’est-il pas évidemment à l’avantage de nos deux pays d’entretenir de bons rapports ?

(Suite en page 3.)

[Fin du début du texte visible sur la photocopie.]
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