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Lettre ouverte aux jeunes tentés par le vote Macron

Plus de la moitié des électeurs disent vouloir voter pour des individus qui affichent des programmes économiques dont les effets, s’ils étaient appliqués, seraient destructeurs. Comment expliquer que nous en soyons arrivés à ce point, que tant d’électeurs aient en tête d’agir contre leurs intérêts et contre les intérêts de leur pays ?

On pourra dire que personne ne lit les programmes, c’est plausible mais les médias se sont faits suffisamment écho de leur caractère irréaliste et nocif, pour que les électeurs ne soient pas dupes.

Donc l’explication est avant tout d’ordre émotionnel : ces intentions de vote procèdent d’une colère profonde à l’égard de tous ces dirigeants, qui avec tant d’obstination, pendant tant d’années, ont amené un pays si riche et si talentueux au bord de l’explosion : chômage persistant à des niveaux incroyables, précarité, rémunérations faibles, violence, logements chers, fiscalité la plus élevée du monde développé, services publics dégradés, etc.

Renverser la table avec Macron ?

Ces Français veulent donc « renverser la table » quels qu’en soient les risques ou le prix à payer : peu leur importent les conséquences, pourvu qu’ils soient débarrassés de ces dirigeants.

Que penser aussi des faveurs dont jouit E. Macron : il a bien peu d’expérience, ce qui est ennuyeux eu égard à la situation actuelle de notre pays et des dangers qui pèsent sur l’ordre mondial ;

Il a été parmi les concepteurs et les exécutants du programme de Hollande, même s’il tente de le faire oublier ;

Faussement hors système

  • Il se revendique de la gauche, du moins certains jours, pourtant tout le monde sait les puissances financières qui le soutiennent.
  • Il se prétend hors système, alors qu’il est un pur produit du système ; sur son intégrité, il n’est peut-être pas si blanc-bleu qu’il veut bien le laisser entendre (pas d’explication sur ce que sont devenus ses millions de bonus Rothschild, et redressement fiscal pour non-déclaration d’ISF).
  • On peine à s’y retrouver dans ses envolées lyriques.
  • Il ne dit rien sur le problème du terrorisme et de l’islamisme
  • Quant à son programme économique s’il en est, il dit tout et son contraire pour « ratisser large », d’où son incohérence : par exemple, il veut faire baisser les charges sur le travail et les entreprises, mais comment compenser les baisses de recettes qui en résulteraient ?

Trois possibilités que Macron rejette

Il n’y a que trois possibilités, plus d’impôts sur les ménages, plus de dette ou moins de dépense publique. Mais il les rejette toutes… Comment va-t-il faire alors ? En fait, personne, pas même lui, ne sait comment il va résoudre nos problèmes, d’ailleurs 87% des Français en février jugeaient qu’il n’avait pas l’étoffe d’un président.

Est-ce le moment alors de prendre un tel pari ? Ne vaut-il pas mieux lui laisser le temps de mûrir et clarifier ses idées ? Sauf que chez les 25-45 ans, le vote Macron procède lui aussi, pour beaucoup, d’une colère.

Votre génération, disent-ils à leurs aînés, a failli : non contente de profiter d’un cycle économique exceptionnel, elle s’est octroyé des avantages inconsidérés, financés à nos dépens par de l’impôt et de la dette.

Le malaise de la jeune génération

La jeune génération vit mal, matériellement et dans sa tête : hantise du déclassement, et impossibilité de se projeter dans l’avenir, rien ne lui permettant d’espérer qu’elle vivra mieux demain.

Aujourd’hui donc, elle se révolte, et ce d’autant plus qu’elle découvre, enfin, les collusions, compromissions, prébendes, bref l’argent facile… dont jouit une bonne partie de la classe politique et ses affidés. À la révolte économique s’ajoute alors, plus grave encore… une révolte morale.

Et comme ce sont depuis trente cinq ans globalement les mêmes têtes, les mêmes discours, les mêmes politiques… le réflexe est de vouloir se débarrasser de toute cette génération de politiciens. D’où un Macron, dont ils se sentent naturellement plus proches.

La fin d’une idéologie

Certes, mais ces échecs ne relèvent pas tant d’un problème de génération, que de l’idéologie dont celle-ci a été porteuse : du centre droit, gaullistes inclus, à l’extrême gauche, nos politiques ne voient que les aspects négatifs de l’économie de marché : ce monde « ultra libéral », n’est qu’une jungle où règne la loi du plus fort, donc seul l’État peut rendre compte du bien public.

Et si l’extrême gauche veut le remplacer par une économie totalement administrée, les autres considèrent que leur rôle est de nous en protéger. Cela signifie réglementer, encadrer, restreindre toujours davantage nos libertés d’action et « mieux » répartir les richesses… via l’impôt ou le « modèle social ».

Toujours plus d’argent public

Face à l’hydre capitaliste, il faut dépenser toujours plus d’argent public : plus d’enseignants, plus de policiers, plus de logement social, plus d’aides etc., et donc plus d’impôts et de dette.

Cette « génération » de politiciens en fait, a fini par oublier les aspects positifs de l’économie de marché, notamment sa formidable capacité à créer de la richesse collective. Et elle n’a donc pas vu que si l’on encadre, protège et taxe trop… elle ne crée plus le même niveau de richesse.

Et on est là au cœur de notre problème : par exemple, Air France en 2011, avait calculé qu’elle payait chaque année 600 millions de plus que sa concurrente Lufthansa, en charges sur le travail et impôts divers. Comment alors peut-elle lutter à armes égales avec elle ?

Lutter à armes égales

D’où ses difficultés financières… Au niveau national, c’est 125 milliards que nos entreprises payent ainsi tous les ans en plus de leurs concurrentes allemandes : l’Allemagne a en effet moins besoin de taxer ses entreprises, car elle dépense 280 milliards de moins que nous, sans pour autant vivre plus mal, tant s’en faut.

Et sans cet argent pour investir, la compétitivité de nos entreprises se dégrade d’année en année, d’où cette chute de nos exportations qui réduit notre croissance et nos emplois.

Pour redresser notre économie, il faut donc baisser les charges sur le travail et sur les entreprises, ce qui n’est possible durablement que si l’on baisse le coût de fonctionnement de l’appareil d’État.

L’exemple de nos voisins

Ce travail ingrat, en leurs temps, les Américains, les Anglais, les Allemands, les Suédois, les Danois, les Hollandais, les Finlandais, les Canadiens, les Néo-Zélandais, les Australiens… l’on fait. Et à chaque fois le redressement économique à été au rendez-vous et le chômage divisé par deux. Tous sont passés par là, pourquoi pas nous ?

Sauf qu’en 2016, enfin, quelqu’un en France s’est levé et a dit : Non, ça ne peut plus durer ! Moi je vais le faire ce travail, et assumer clairement cette politique difficile.

C’est le seul candidat à avoir compris que tout passe par là, tout commence par là : si on ne le fait pas, nous poursuivrons notre déclin engendrant cette misère du chômage, avec les risques politiques que traduisent aujourd’hui les sondages… En plus, il est vital de reconstruire une économie saine pour faire face aux bouleversements annoncés par l’intelligence artificielle.

Un enjeu capital

Alors oui, F. Fillon peut apparaître « rétrograde » sur les questions sociétales, oui, à tort ou à raison, il cristallise sur sa tête cette révolte morale. Mais l’enjeu est capital, et il faut savoir ce qui est le plus important, ou ce que l’on veut vraiment : notre redressement économique, avec une main ferme qui sait où elle veut aller, et pourquoi elle veut y aller, où tout le reste, notamment le sociétal, et autres séduisantes promesses de « progrès », dont en plus la consistance n’est pas démontrée.

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