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Dr. Tweet & Mr. Trump se joue(nt) du G20 [2]

Foin de l’onanisme médiatique de nos perruches nées non pas de la cuisse de Jupiter (le vrai) mais du cloaque écolo-Libéral1 californien, parfaitement à l’aise dans ses texanes (& non ses santiags), Donald J. Trump aura obtenu (sans trop d’efforts qui plus est) quasiment tout ce qu’il pouvait espérer d’un G20 à bout de souffle. Retour sur une semaine un peu folle. 2ème Partie.

« It’s time to protect those who put their lives on the line for us every day ».
Vernon Gale Vern Buchanan, promoteur du Thin Blue Act.

| Q. Je suppose que vous avez noté l’absence de Salmān et de MBS à Hambourg ?

Jacques Borde. (Soupir amusé). Oui, bien sûr. Ni le roi, Salmān Ibn-ʻAbd al-ʻAzīz Āl-Séʻūd, ni d’ailleurs son héritier et ministre de la Défense, Mohamed MBS Ibn-Salmān Āl-Séʻūd, n’ont fait le déplacement à Hambourg. Gênant pour eux, mais prudent aussi…

| Q. Pourquoi donc ?

Jacques Borde. Selon des rumeurs persistantes, les deux craignaient qu’un coup d’État n’ait lieu si l’un d’eux quittait le pays. Du coup, aucun n’a osé venir.

Là, où c’est un peu gênant pour la dyarchie wahhabî et ses liges, c’est que leur politique de la chaise vide a bloqué toute avancée sur le dossier de leur brouille avec le Qatar, qui, par la force des choses, n’a pas été un des sujets chauds de ce G7. Et, pire encore, Russes et Américains ont pu parler (de ça et autres choses) à tête reposée sans avoir à se soucier des réactions, en amont ou en aval, des maîtres de Riyad. Comme on dit : les absents on toujours torts.

| Q. Bon, revenons au G20 lui-même : qui a perdu et quoi ? Et dans quelle mesure, en fait ?

Jacques Borde. Les capi di tutti capi du lobby (pseudo) environnementaliste, en premier lieu. Leurs tentatives de faire reculer Washington sur le dossier de la COP21 est un échec cuisant. Trump a campé sur ses positions et ne leur a rien cédé quant au fond. Tant mieux pour la planète.

| Q. Mais comment a-t-on pu, je veux dire, se faire autant surprendre par Trump ?

Jacques Borde. Parce qu’à force de prendre pour argent comptant l’onanisme verbeux de perruches médiatiques omniprésentes sur nos plateaux télés et, surtout dans les salons du tout Paris et du tout Berlin, personne n’a rien vu venir, pardi.

| Q. Mais, pourquoi?

Jacques Borde. Parce qu’à force de nous seriner que Trump n’est pas très malin, voire un malade mental, certains ont fini par croire que, faible intellectuellement, le président américain serait facile à manœuvrer. Et, évidemment, c’est tout le contraire qui s’est produit…

| Q. Il est quand même atypique ?

Jacques Borde. Trump ? Oui. Mais pas tant que ça. C’est le traitement médiatique du personnage qui a tout déformé. Lorsque, par exemple, l’auteure (sic) à la plume approximative (n’est pas Zola qui veut) Nicole Bacharan met en doute les facultés mentales de Donald J. Trump, c’est :

1- pitoyable de mièvrerie, intellectuellement parlant ;
2- aussi rigoureux scientifiquement parlant que les âneries des téléprédicateurs de la doxa takfirî à propos des femmes.

À se demander qui est le plus instable (ou mal dans sa peau) : le président américain ou le Dr. Bacharan (sic) qui l’insulte, à chaque passage sur un plateau TV, avec ses analyses à deux balles de psy-suffragette ?

Sans parler, pour certains, de médiamensonges purs et simples.

| Q. Vous pensez à quoi?

Jacques Borde. Prenons le dernier en date, dont nos Gringoire2 germanopratins et new-yorkais ont encore fait des gorges chaudes : Lors de la visite de Trump en Pologne, Agata Kornhauser-Duda, l’épouse du président polonais, aurait refusé de serrer la main de Donald Trump !!!!

Bien ! Sauf que c’est du fake news à 200%. En fait, Trump a, d’abord, serré la main de son homologue, Andrzej Duda. Il a ensuite tendu la main à Agata Kornhauser-Duda, qui ne semblant pas voir son geste s’est dirigé vers Melania Trump, avec un sourire éclatant. Après avoir serré la main de Melania, la Première dame polonaise s’est retourné vers le président américain et lui a serré la main, toujours aussi souriante.

| Q. Fake news, comme vous y allez ?

Jacques Borde. Sauf que, encore une fois, ça n’est pas moi qui le dit, mais Andrzej Duda qui, sur Twitter, a crié à la fake news. Vous savez, il faut comprendre nos amis polonais. Eux qui ont vécu dans un État-satellite de feue la Soviétie, ont du mal à comprendre la veulerie alimentaire de nos intelligenstia dans des pays (supposés) libres.

| Q. Vous ne trouvez pas tout ceci anecdotique et superficiel ?

Jacques Borde. Non. Parce que c’est systématique. Voire systémique. Qui plus est, c’est du double langage.

| Q. Dans quel sens  ?

Jacques Borde. Simple :

D’un côté, lorsque Trump tweete, y compris des gags qui font mourir de rire la moitié de l’Amérique c’est :

1- outrancier et de mauvais goût. Comme lorsque Trump complimente une journaliste irlandaise sur son sourire. Là, les Anti-Trumps parlent de vulgarité3 ;
3- inapproprié et sexiste. À comparer aux frasques sexuelles (doublées de parjures) d’un certain William J. Clinton dans l’Oral, pardon l’Oval room.

À propos les agences fédérales US viennent de procéder à des rafles sans précédents dans le pays. Là, pas de déchaînement médiatique ! Serait-ce parce que la majorité des arrestations se sont faites au sein de la nomenklatura du spectacle, des media et le tout-Washington ?

| Q. Mais l’affaire du clip de CNN?

Jacques Borde. (Éclat de rire). Celui où l’on voit Trump boxer quelqu’un affublé du logo de CNN, vous voulez rire ? Rapidement, trois choses :

1- c’est du spectacle à 200%, des images (retouchées) venant en fait du catch américain : ultra-spectaculaire et très populaire ;
2- cela remonte aux temps où Trump était animateur. Il y fait le show tout simplement.
3- c’est le plus anodin de tous les clips anti-CNN qui circulent, depuis des semaines, sur la Toile. Et, entre nous, il y a des choses beaucoup plus graves…

| Q. Comme ?

Jacques Borde. La violence contre les forces de l’ordre (Merci Obama) a grimpé de 167%. et je vous parle de violence à l’aide d’armes à feu lors, notamment, d’ambush killings4 visant forces de l’ordre, pompiers et secouristes. Par ailleurs, 56% de plus d’officiers de police ont été tués aux États-Unis en 2016.

Voilà de vrais maux dont souffre l’Amérique post-Obama. Pas l’onanisme égoïste des clowns pathétiques de CNN et autres experts en forgeries.

| Q. Bon et rentré à Washington, Trump sera-t-il affaibli ?

Jacques Borde. Pourquoi le serait-il ? Je vous rappelle que lors de ses périples en Orient, il a ramené la bagatelle de 412 Md$US. Sans parler du carton plein de Boeing au dernier Salon du Bourget : 60,1 Md$US. Soit pour les (approximativement) cent jours du boss : 472,1 Md$US. Pas mal pour un pestiféré (sic) incompétent et maladroit !

Par ailleurs, je vous annonce une chaude bataille qui va opposer les Américains, les vrais, aux lobbies de tous poils : le Thin Blue Act, préparé par le Représentant (R-FL) Vernon Gale Vern Buchanan, qui va durcir drastiquement l’applicabilité de la peine de mort pour tous les tueurs de flics. Le Thin Blue Act instaurant un aggraving factor (circonstance aggravante) en la matière. Le Sénateur (R-PA) Patrick Joseph Pat J. Tomey, bien inspiré, y ajoutant un companion bill (amendement) incluant les pompiers et les secouristes.

Comme de bien entendu, les lobbies gauchistes, American Civil Liberties Union (ACLU) en tête, poussent déjà les hauts cris, le dénonçant comme « contre-productif », l’éternelle tarte à la crème des opposants à la peine capitale…

| Q. Oui, vous parliez de double langage ?

Jacques Borde. Oui. Excusez-moi, je me suis un peu égaré.

De l’autre côté, lorsque Emmanuel Macron décide de mettre nos gens de presse à la diète et tweete lui aussi abondamment, il est à peine égratigné. Pourtant, les deux hommes appliquent strictement la même recette :

1- s’affranchir des media officiels ;
2- privilégier selfies, tweets et moyens de communication privés.

Or, verbatim nos media mainstream, l’un (Trump) est le diable incarné, l’autre (Macron) le génie des Carpates. Allez savoir pour quoi ?…

| Q. Et pour la France, vous tirez quel bilan de ce G20 de Hambourg ?

Jacques Borde. Pour Paris aussi, nous ne sommes pas loin de l’échec. Même s’il est plus relatif, en fait.

| Q. Pour quelles raisons ?

Jacques Borde. Premier couac. L’administration Macron a commis une première erreur en croyant que ce G20 ferait la part belle au président français qui pourrait y dérouler ses propositions. Or, naturellement, rien ne prédisposait l’ex-primus inter pares de nos marcheurs à y être autant le centre de l’attention.

Second couac. Évidemment, malgré ses efforts, Jupiter (Macron) n’a pu, si je puis dire, triompher de Mars (Trump). Et le G20 n’a pu qu’acter la décision des États-Unis de se retirer de la calamiteuse COP21.

Dont acte d’ailleurs. Emmanuel Macron l’a lui-même sobrement expliqué au cours sa conférence de presse de clôture : le « désaccord » franco-étasunien sur le climat ou les tentations protectionnistes des États-Unis n’empêchant « en aucun cas la coopération sur de nombreux autres sujets ».

Et d’évoquer la « lutte contre le terrorisme », les « intérêts stratégiques » bien compris des deux pays mais aussi le dossier syrien.

Troisième couac. Cette « pensée complexe » qui, selon son entourage, caractériserait le président de la République. Et, en effet Macron aura passablement déboussolé ses pairs avec, notamment, son : « On ne peut pas lutter contre le terrorisme sans action résolue contre le réchauffement climatique ». Car, « tout est lié ». Pourquoi ? Comment ? Dans quelles proportions ? Tous seront restés sur leur faim. Et comme Jupiter évite plus en plus les journalistes…

[à suivre]

Notes

1 Gauchiste en fait, selon la grille de lecture étasunienne.
2 Titre phare de la kollaboration pro-hitlérienne sous l’Occupation.
3 À comparer avec Michelle Obama se tortillant à la moindre occasion.
4 Littéralement, Embuscades pour tuer.

 

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